Eric Béchu (Montpellier) : « Cette place est méritée »

Formation surprise de cette saison de TOP 14 Orange, le Montpellier Hérault Rugby se présente face à une montagne: le Racing-Métro 92. Dans un match qui pourrait être très ouvert, Eric Béchu, entraîneur du MHR, sait que ses joueurs peuvent réussir quelque chose d’exceptionnel. Ils sont à 80 minutes d’une finale tant rêvée.
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L'expérience des phases finales d'Eric Béchu acquise avec Albi seront très précieuses pour le jeune groupe montpellérain.

- Après avoir battu Castres, qui plus est à l'extérieur, cela a dû être une immense joie…
C'était un match fermé, aucune des deux équipes n'a réellement pris le dessus sur l'autre. On n'a pas réussi à lancer le jeu, la rencontre était cadenassée et elle se joue à vraiment rien… Si la pénalité à la fin passe, aujourd'hui on serait sur la plage. On est bien sur très contents, mais maintenant face au Racing, ça ne sera pas du tout le même match.

- Comment avez-vous vécu cette rencontre du bord du terrain ?
C'est toujours très difficile, le match était serré et cette décision de l'arbitre à la fin qui donne la pénalité aux Castrais… La faute était évidente, mais je me disais que ce n'était pas possible de perdre comme ça. Je me suis dit que j'avais connu des matches pareils avec Albi contre La Rochelle ou Oyonnax, et finalement, le buteur l'a ratée.

- Le MHR l'a-t-elle digérée ?
Je ne sais pas, il faut demander aux joueurs s'ils l'ont évacuée dans leur tête. Après le match de Castres, on a laissé trois jours de repos à tout le monde afin de couper, et surtout de savourer. Tout le groupe a pu prendre des congés, et revenir frais pour l'entraînement du jeudi. Depuis, l'équipe travaille bien et est tournée vers les demi-finales.

- Auriez-vous parié sur une présence de Montpellier en demi-finale au début de la saison ?
Non, pas du tout, bien sûr que non même ! Mais nous avons réalisé vraiment une très belle saison. Nous sommes restés collés au groupe de tête et cette place de demi-finaliste est justifiée sur l'ensemble de la saison.

- Vous êtes aujourd'hui considéré comme la belle surprise de la saison, est-ce un point de vu que vous partagez ?
L'an passé, l'équipe avait remporté treize matches mais n'avait pas gagné beaucoup de bonus, cette saison, on en a remporté seize, ce qui n'est pas beaucoup plus, mais on a su prendre plus de bonus. On a été très constant tout au long de la saison, on a été quasiment tout le temps dans les six premiers. C'est une formation qui se construit et qui peut s'appuyer sur de jeunes joueurs comme Trinh-Duc ou Tomas par exemple.

- Cette saison, le MHR a semblé hermétique à la pression en montrant de grosses forces mentales, comment le percevez-vous de l'intérieur ?
Sur quelques matches on a été très fort dans la tête, mais on s'est aussi fait peur, comme contre Toulouse quand on peut perdre le match à la dernière seconde. Affronter le Racing a mis en confiance tout le groupe. Je ne partage donc pas forcément ce sentiment d'hermétique à la pression, mais nous avons une équipe qui travaille beaucoup, qui a des certitudes dans son jeu.

- De nombreux joueurs (Ouedraogo, Trinh-Duc, Gorgodze, Bustos Moyano, Nagusa…) semblent avoir franchi un nouveau palier, quelle est l'origine de cette réussite ?
Ce sont des joueurs qui étaient déjà là pour la plupart l'an passé, et qui ont été mis en confiance par le bon début de saison du club. Nous avions repris très tôt l'entraînement afin d'être prêts physiquement, c'est principalement ce qui explique notre superbe match contre le Racing Métro 92 lors de la deuxième journée. Les joueurs ont pris de la maturité au cours de la saison, ils ont beaucoup travaillé pour en arriver là où ils sont aujourd'hui.

- Vous allez rencontrer le Racing, que pensez-vous de cette équipe ?
C'est une équipe très sérieuse. J'emploierai le terme monolithique, c'est une formation avec beaucoup de talents, très dense devant, très forte en mêlée et qui a de très bons arrières. C'est un groupe qui a grandi très rapidement et qui a su recruter Bobo ou Steyn, avant de recruter d'autres grands joueurs. Beaucoup de moyens ont été mis dans ce club pour le faire monter à haut niveau. C'est un bloc compliqué que nous devrons bouger. Même si on les a battu au mois d'aout, ce n'est plus du tout la même équipe, elle n'a rien à voir, ce sont clairement les favoris de ce match.

- Sur quoi se jouent ces matches de phases finales ?
Ce sont des matches particuliers, on a un groupe de jeunes joueurs qui pour la majorité va faire son premier match au Vélodrome. Il ne faudra pas appréhender ce rendez-vous, nous devrons être prêts physiquement. Il y a beaucoup de paramètres qui rentrent en jeu dans ces rencontres, je ne sais pas si les trois semaines d'arrêt du Racing seront favorables ou non. Aujourd'hui, le contexte du match est complètement différent de celui du mois d'août ou même de celui du match retour.

- Votre expérience de ces matchs couperets, vous avec Albi en PRO D2, et Fabien Galthié avec le Stade Français, peut-elle être bénéfique à ce groupe qui les découvre ?
Vous savez, ce sont les joueurs qui seront sur le terrain, mais nous on essaye de les préparer mentalement. Notre leitmotiv est qu'ils soient tous motivés le jour du match. Je ne pense pas qu'on gagne le match en le jouant dans sa tête. Avec Fabien, on va essayer qu'ils arrivent tous avec la tête froide, concentrés sur l'objectif le jour J. C'est cliché, mais le match ne se joue pas la veille sur le lit. Les joueurs seront prêts au bon moment.

- La pression mise sur les épaules du Racing-Métro 92 peut-elle vous être favorable ?
Je ne pense pas qu'elle sera positive pour nous. Sur nos deux derniers matches, face à Toulon et Castres nous avions beaucoup de craintes et ça nous a servi. On va essayer de faire durer la confiance que l'on a acquise sans se focaliser sur le Racing, à savoir s'ils sont favoris ou non.

- Cette saison, face au Racing, vous vous étiez largement imposés au match aller. Pensez-vous que cette victoire a été une sorte d'élément déclencheur ?
Après ce fameux deuxième match de la saison face au Racing-Métro, on a dit avec Fabien (Galthié, ndlr), que ce match resterait sûrement comme le meilleur de la saison. Et c'est vrai que depuis, on n'a jamais retrouvé la puissance que l'on avait sur cette rencontre. Pour moi, ça a surtout été le premier élément déclencheur, mais derrière, on réussi à battre Perpignan à Aimé-Giral, on gagne avec bonus face à Clermont, toutes ces rencontres ont été cruciales.

- Jouer à Marseille est-il un avantage pour vous avec le long trajet que devront faire les Racingmen, et la possibilité que vos supporters viennent en masse ?
A Castres, nous étions en terrain hostile, mais nous nous étions nourris de cette ambiance qui ne nous était pas favorable. Nous n'étions pas soutenus et on a sorti une grosse défense sur ce match, parce que l'on avait le bon état d'esprit. Au Vélodrome, le public devrait plutôt être acquis à la cause de Montpellier, mais ça, on le verra samedi. Après, je ne sais pas si c'est un avantage, à Castres l'ambiance était contre nous et c'était un vecteur de motivation pour le groupe.

- Qu'est-ce que le MHR a, à perdre, sur ce match ?
Je pense que l'on a tout à perdre sur ce match. Nous sommes à 80 minutes d'une finale au Stade de France. Si on regarde tout notre parcours, tout le chemin parcouru pour en arriver là, ça serait bête de laisser passer la dernière marche. Surtout que jouer une finale de TOP 14 Orange, ce n'est pas une chose qui pourrait revenir de sitôt… Avant la qualification pour les barrages, on se disait que la saison était bonne. Lorsque l'on a acquit cette place, on se disait qu'elle était belle. Maintenant qu'on s'est sorti de ce match à Castres on la trouve magnifique… Mais si on a la possibilité d'arriver jusqu'en finale, on trouverait forcément que la saison serait exceptionnelle…

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