Thierry Peuchlestrade (Aurillac) : « La pression s’est transformée en excitation »

11 ans après sa seule participation en finale d’accession, une participation heureuse, Aurillac retrouve ce niveau sans pression, mais avec beaucoup d’excitation comme l’explique l’un de ses entraîneurs, Thierry Peuchlestrade. Pour celui qui est aux commandes de l’équipe depuis 2003, ce n’est que du bonus, et il espère que tout le monde s’en donne à cœur joie face à ce qui s’est fait de mieux après Lyon cette saison.

Quel est votre état d’esprit après cette victoire en demi-finale ?

Etrangement, je ne dirai pas serein, mais pas loin. Nous avons eu plusieurs matches délicats à jouer à la maison à la fin de la phase préliminaire, je pense notamment à la réception de Montauban (NDLR : victoire 18-15, J23) ou à celle de Biarritz (NDLR : 24-16, J30), et nous aurions pu tout perdre à ces occasions, malgré le fait d’avoir été dans les cinq toute la saison.

Je sentais une certaine fébrilité dans le groupe, et ce n’était pas très positif en vue des phases finales. Mais une fois la qualification en poche et l’assurance de recevoir en demi-finale, elle s’est envolée. J’ai senti des garçons beaucoup plus sereins, plus libérés. La pression s’est transformée en excitation ! Tous ces moments, ce n’est que du bonus. C’est très positif de pouvoir se mesurer à ces belles équipes.

 

Comment analysez-vous votre victoire ?

Nous craignions beaucoup les Montois. Il y a trois mois encore, personne ne parlait d’eux en raison du début de saison qu’ils avaient fait, et leur place au classement. On connait la fin de parcours qu’ils ont réalisé ! Quand nous les avions joué à deux semaines de la fin de la phase préliminaire, nous n’avions rien vu chez, eux, ils avaient très bien joué et avaient été très réalistes (NDLR : victoire bonifiée des Landais 36-18).

Lors de la dernière journée, ils perdent à Bayonne mais aurait pu l’emporter… donc on savait ce qui nous attendait. On a dû sortir un très gros match, en étant extrêmement performants en conquête, très solides en défense et mais aussi réalistes au moment de conclure nos actions. Au final nous y sommes parvenus, nous avons fait le match qu’il fallait pour les battre et aller chercher notre ticket pour la finale.

 

Cette finale justement, que vous inspire cet évènement ?

On découvre presque ! Cela fait 13 ans que j’entraîne ici, nous avons disputé et gagné une finale d’accession (NDLR : 21-19 contre le LOU en 2005), mais nous n’y sommes pas habitués. Nous avons joué une demi-finale face à Brive il y a quelque temps (NDLR : défaite 14-30 en 2013), mais ce n’est pas quelque chose que nous avons vécu régulièrement, contrairement à Mont-de-Marsan par exemple que nous venons de battre. Bayonne non plus ne connait pas ce niveau, puisqu’il n’en a joué qu’une comme nous (NDLR : défaite 9-26 face à Auch en 2004), mais ils descendent juste de TOP 14 et connaissent ces matches avec autant d’enjeu. Cela dit, comme je le disais, ce ne sont que de bons moments.

 

Que pensez-vous de votre futur adversaire ? Ses forces ? Ses faiblesses ?

C’est une équipe qui est restée au top toute la saison et qui a été la seule à tenir tête au champion sur son terrain, ça situe son niveau. C’est une entité historique du rugby français, avec un public extraordinaire, qui possède des joueurs de grande qualité et qui ont joué en TOP 14, avec de l’expérience, une grosse conquête, un superbe jeu de mouvement… il y a tout à craindre d’une équipe comme celle-là.

C’est ce qui se fait de mieux derrière Lyon, mais cette saison nous avons prouvé que nous pouvions rivaliser avec eux. Nous les avons battus à Jean Alric (NDLR : 23-10), nous avons perdu de peu à Jean Dauger (NDLR : 12-13), certes dans des conditions horrible qui ont empêché les Bayonnais de réellement s’exprimer… Mais nous avons prouvé que nous avions les armes pour les titiller.

 

Quelles seront les clés du match ?

Avec ces deux publics très chaleureux, et qui viendront nombreux, je pense que les deux équipes vont se livrer à fond. Il va y avoir un gros combat, du rugby de mouvement entre deux formations joueuses… Je pense que tout est réuni pour que l’on assiste à une belle finale. Maintenant, il arrive souvent que l’enjeu tue le jeu, que les défenses prennent le pas sur les attaques… mais j’espère que le spectacle sera plaisant.

Après, il n’y a pas de recette miracle, il faudra être présent dans l’intensité, le combat en conquête, il faudra être efficace au pied, gagner nos duels… il faudra être bon sur les fondamentaux de ce sport. Mais je veux que tout le monde s’en donne à cœur joie pour donner le maximum, nous verrons à la fin pour le résultat.

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