
- Le pilier international du CSBJ, Olivier Milloud, devrait arrêter sa carrière en 2011.
Comment va votre épaule ?
Je suis au repos jusqu’à vendredi. Je vois un professeur à Lyon. On va avancer doucement.
Vous sortez d’une blessure au genou qui vous a empêché de jouer pendant de longs mois ; vous revenez et au deuxième match vous vous blessez de nouveau pendant que le CSBJ connaît un début de saison compliqué. Quel est votre état d’esprit ?
C’est sûr que dans ces moments-là on a envie d’apporter son expérience au groupe, d’aider. Je suis rugbyman donc mon boulot c’est d’être sur le terrain au milieu de l’équipe. Et là je ne peux pas le faire (soupirs).
Cela vous mine ?
Disons que personnellement j’ai le sentiment de ne pas m’en sortir. Depuis trois ans je dois toujours batailler. C’est trois ans de galères ! Jusqu’à la Coupe du monde 2007 ça allait bien. Je n’avais jamais eu grand-chose et là ça s’enchaîne. Je dois batailler sportivement et extra-sportivement. C’est usant physiquement et psychologiquement. Surtout à 35 ans…
Si Bourgoin devait jouer en PRO D2 l’an prochain, vous vous imaginez en deuxième division ?
Je pense que je vais arrêter ma carrière à la fin de la saison 2010-2011. C’est très très dur, très très long ce que je vis. J’ai quatre enfants et depuis 3 ans je suis vraiment limite. On fait beaucoup de concessions de tous les côtés. C’est costaud. Je suis dans le rouge sportivement. On peut jouer avec quelques douleurs. C’est ce qu’on fait tous les week-ends, mais là ce sont des grosses blessures.
Vous êtes fatigué ?
Je suis quelqu’un qui fait les choses à fond. Et je ne m’éparpille pas. Pendant les mois où j’ai été absent des terrains, je me suis investi à fond dans la récupération, les soins, la rééducation et là je me refais une blessure ! Je n’ai fait que me soigner !
Vous n’en avez pas profité pour préparer l’après-carrière ?
Non. Ce n’est pas mon mode de fonctionnement. Je sais que ce n’est pas bien, mais je me suis investi dans ma rééducation et la musculation. J’en ai profité pour retrouver une vie de famille.
C’est important !
Oui mais lorsqu’on est blessé, qu’on ne joue pas et qu’on est tous les week-ends à la maison on n’est pas non plus comme d’habitude. Il faut là aussi reprendre un rythme particulier.
Quel regard portez-vous sur votre carrière ?
Je ne regrette pas ce que j’ai fait. J’ai vécu des moments extraordinaires et je veux terminer sur une bonne note ; sur quelque chose de positif pour moi, pour le club. Il y a sûrement eu des erreurs de faites à un moment. Lorsqu’on voit que des clubs qui bataillaient en deuxième division il y a peu, nous sont passés devant en une paire d’années, on se dit qu’on a raté quelque chose. On paye sans doute cela maintenant. Mais c’est aussi la marque de fabrique de Bourgoin. On a toujours fonctionné dans le combat permanent. Avec un petit budget…Regardez tous les anciens berjalliens qui font les beaux jours de grandes équipes d’aujourd’hui ! On avait une belle formation quand même. Leurs départs ont été difficiles pour le club.
Personnellement, je ne regrette pas d’être resté. Je sais ce que j’ai à Bourgoin ; je connais le fonctionnement du club. Je n’ai jamais réussi à franchir le cap de me dire que je pourrai partir. Je n’ai jamais osé le faire ou y penser. Pour tous, ça a bien marché c’est sûr. Mais rien ne dit que je n’aurai pas vécu les mêmes galères ailleurs. Mais vraiment, là c’est dur…








