U.S. QUILLANAISE 11 - F.C. LEZIGNANAIS 8
Les équipes
US Quillanaise :
J. Lladères, J. Bonnet, R. Bonnemaison, M. Baillette, M. Soler, o) A. Cutzach, m) F. Corbin, J. Galia, P. Pourrech, E. Ribère (cap.), A. Rière, G. Raynaud, G. Delort, G. Martre,
I. Flamand.
FC Lézignan :
A. Calmet, M. Bigorre, M. Dedieu, R. Gachein, P. Cance, o) L. Bès, m) R. Llari, C. Wisser, A. Clady, A. Boyer (cap.), L. Haener, A. Wisser, L. Dueso, M. Porra, L. Fabre.
Points
USQ : Bonnet, Raynaud, Baillette, essais ; Baillette, transformation.
FCL : Clady, Fabre, essais ; Clady, transformation.
Arbitre : André Jasmin
L’U.S. Quillanaise qui avait reçu l’aide de Rière, bel avant technique et correct et où Lladères jouait à l’arrière avait aisément défait les
Agenais à Bordeaux (17-3). Destarac avait été écarté après une altercation avec un dirigeant.
La seconde demi-finale avait été d’une impitoyable violence. Le F.C. Lézignanais, entraîné par Jean Sébédio, avait écarté les Biterrois
(9-6). La composition de l’équipe pour la finale n’avait pas constitué chose simple en raison des séquelles de la bataille. Le 2" ligne Lacans, insuffisamment remis, ne fut pas
retenu. Haener recula d’un cran dans la mêlée et Dueso fut incorporé dans une première ligne que Porra n’avait rejoint qu’au dernier moment après avoir quitté
la clinique un drain dans la jambe.
Le derby s’annonçait chaud : il le fut par le temps, la foule, la lutte. Dès la 5e minute, Clady s’emparait du ballon en fond de touche et, de la ligne de 22 mètres, s’en allait
marquer l’essai (0-3). Lézignan alourdit alors sa pression et les Quillanais n’effectuaient que peu d’incursions en terre adverse. Les "Meuniers¯ - du nom du Stade du Moulin à
Lézignan - se virent même refuser un essai. Le jeu devint alors violent et irrégulier, voire franchement désagréable en demeurant stérile : 3-0 au repos sous
une chaleur caniculaire.
A la reprise, les Lézignanais reprirent leur domination et Fabre concluait un des nombreux départs d’avants.Les hommes des Corbières menaient plus largement grâce à
la transformation de Clady (8-0).
Les Quillanais décidèrent alors d’ouvrir le jeu et Baillette joua un rôle déterminant dans le retournement de situation. Ribère obtint une balle à la touche,
donna à Baillette qui tapa à suivre, reprit l’ovale et passa à Bonnet une balle d’essai (3-8). Le jeu demeurait pourtant aussi brutal et les échauffourées
fleurissaient comme lilas en mai. Les Lézignanais, ‚prouvés par le rythme, baissaient de pied et les Quillanais attaquaient : offensive, coup de pied de recentrage de Soler repris
par Rière et essai de Raynaud entre les poteaux. La transformation de Baillette égalisait la marque (8-8).
A la 70e minute, l’exploit du match en donna le vainqueur. Baillette perça une fois encore de ses vingt deux mètres, ponctua sa course de feintes et de crochets avant de marquer (11-8).
La marque était achevée. Pas les bagarres qui enlaidirent la fin de la rencontre. Quelques dirigeants fédéraux commencèrent à se demander si le monde du
rugby ne s’engageait pas une pente dangereuse…
Encyclopédie du rugby français, P. Lafond & J-P Bodis, éditions Dehedin.
Stade des Ponts Jumeaux, Toulouse, 19 mai 1929
Retrouvez l’historique des finales du championnat de France de rugby depuis 1892 et sa première édition…
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