TOP 14 Le point
Par Baptiste LE BEUX, le 28 mai 2013.

TOP 14, finale – Toulon – Castres : un air de 90’s

Après respectivement 20 et 21 ans d’attente, Castres et Toulon vont s’affronter pour brandir le quatrième Brennus de leur histoire dans une finale inédite, entre logique et surprise. Logique pour un RCT qui a survolé la saison, tant en championnat qu’en Coupe d’Europe. Surprise, car si la présence du CO dans le dernier carré semblait légitime au regard de la régularité du club ces quatre dernières saisons, c’est un exploit que le Petit Poucet des phases finales a signé. Mais désormais, les objectifs sont communs entre les deux clubs, vaincre le signe indien et brandir le quatrième Brennus de leur histoire.

JPEG - 223 ko
1992, au Parc, le RCT domine le BO de Serge Blanco 19-14 et soulève le troisième Bouclier de l’histoire du club. (Crédit photo : Presse Sports)

6 juin 1992. Alors qu’il était au plus mal lors de la phase de qualification, voilà le RCT qui joue la huitième finale de son histoire face au BO du mythique Serge Blanco, qui dispute là son dernier match. Dans un contexte particulier, les Varois, privés de leur emblématique capitaine Eric Champ, suspendu après un échange d’amabilités avec l’Agenais Benazzi en Challenge Yves-du-Manoir, vont se transcender. Derrière un pack ultra dominateur, faisant exploser la mêlée basque, et dans le sillage de la jeunesse dorée toulonnaise incarnée par les buteurs Patrice Teisseire et Yann Delaigue, Toulon va s’imposer 19-14 et soulever le 3ème Brennus de son histoire.

5 juin 1993. Au terme de phases finales au couteau, c’est gonflés à bloc que les Tarnais abordent ce dernier rendez-vous de la saison, car par le passé, c’est un carton plein qui avait récompensé le CO, avec deux titres en deux présences à ce niveau (1949 et 1950). Comme l’on dit, jamais deux sans trois, et le 100% perdura, et pourtant… si le bonheur des Castrais fut immense avec un succès 14-11, la détresse des Grenoblois, finalistes malheureux, le fut tout autant. En effet, l’essai victorieux de Whetton n’aurait pas dû être accordé, l’Isérois Franck Hueber ayant aplati dans son en-but auparavant.

Deux dates, deux moments clés dans l’histoire des deux finalistes de cette édition 2012-2013, qui flirte avec le vintage, sentant bon les joutes des années 90. Mais une éternité également pour ces deux formations, qui n’ont depuis plus été sacrées dans l’hexagone, et qui attendent cet immense honneur avec impatience. En effet, si le CO atteignait la finale en 95, avec son premier revers à ce niveau face au voisin toulousain (16-31), ce fut la dernière fois, avant de disparaître de la circulation jusqu’en 2001 et une demie perdue face à Toulouse, puis de connaître à nouveau des saisons galères.

JPEG - 128.2 ko
En 1993, Castres glanait son troisième titre de l’histoire aux dépens de Grenoble, 14-11. (Crédit photo : Presse Sports)

Une éternité d’attente !

De son côté, ce fut également le dernier instant de gloire du RCT en championnat avant que le club ne perde pied. Si à l’inverse des Tarnais, les Varois continuèrent à se hisser en demi-finales trois années durant, puis en quart par deux fois, la suite fut beaucoup plus compliquée, le club flirtant notamment avec la zone rouge à la fin des années 90. En point d’orgue, la rétrogradation administrative en 2000 alors que le maintien sportif, certes compliqué, avait été acquis. Il y eu certes ce titre de PRO D2 en 2004 qui permit au RCT de retrouver l’élite, mais pour une année seulement, avant de redescendre, sportivement cette fois.

Mais en 2013, force est de constater que de l’eau a coulé sous les ponts. Régulièrement présent en phases finales depuis son retour dans l’élite en 2008, Toulon a véritablement franchi un cap. Double finaliste malheureux en 2012 (championnat et Amlin Cup), le club varois a retenu les leçons du passé pour mieux repartir à l’assaut d’un titre : deux, même. Il y a deux semaines, le RCT montait sur le toit de l’Europe en dominant Clermont en finale de HCup. Une performance retentissante pour sa première participation à ce niveau, mais qui pourrait l’être encore plus ce samedi. En effet, qualifié pour sa deuxième finale de championnat de rang (la deuxième cette saison et la quatrième en deux ans toutes compétitions confondues !), Toulon est en passe de signer l’immense exploit de faire le doublé, ce qu’aucun club français n’est à ce jour parvenu à faire*.

De son côté, depuis l’arrivée du duo d’entraîneurs Laurent Labit et Laurent Travers, arrivés de Montauban en 2009, le CO est revenu sur le devant de la scène. Présent en barrages chaque année, qualifié pour les demi-finales deux fois de suite, Castres a confirmé sa logique progression en atteignant enfin la finale du championnat. Et ce, peut-être au terme de la moins aboutie des quatre saisons passées avec son duo de coaches sur le départ ! D’ailleurs, une issue glorieuse serait la meilleure manière de clore un chapitre et de tourner la page vers une nouvelle aventure, menée par un nouveau staff. Reste que Petit Poucet des phases finales, le CO a su bousculer la hiérarchie pour se faire une place au soleil, et rêve de ne plus retomber dans l’ombre.

JPEG - 132.8 ko
En 1992, dans le sillage d’Aubin Hueber, le RCT dominait le CO 18-12 en demi-finale pour filer vers la finale et le titre. (Crédit photo : Presse Sports)

Un esprit 90’s

Aussi, si cette finale est inédite et va permettre à l’un des deux clubs de mettre un terme à 20 ans ou plus de disette, elle est loin d’être illogique. Nous le disions, Castres a sûrement fait preuve de moins de maîtrise que ces trois dernières saison, mais comme depuis 2010, a toujours fini dans les 6 et s’est pour la troisième fois de suite adjugé un barrage à domicile. De son côté, Toulon a longtemps dominé le championnat, étant leader durant 20 journées dont 18 de suite, et même l’Europe, remportant sa première HCup de l’histoire.

C’est donc un choc au sommet qui va se dérouler au Stade de France pour déterminer le vainqueur de la 114ème édition du championnat de France de première division. Un choc qui sent bon les années 90 comme nous le disions, d’abord en raison des derniers titres glanés par les deux formations, mais également par les confrontations directes entre ces deux clubs au plus haut niveau au cours de la même décennie. Car s’il s’agira de la première finale de l’histoire Toulon et Castres, les deux villes avaient croisé le fer à trois reprises en demi-finales, deux années de suite, en 1992 (victoire du RCT 18-12), en 1993 (succès du CO 17-16) puis en 1995 (victoire castraise 18-13).
_ Pour la petite histoire, le vainqueur des deux premières rencontres avait remporté le championnat ! Cette fois-ci, le vainqueur sera également champion de France ! D’autant plus historique côté tarnais, qu’en 1993, l’arrière des champions de France était un certain Laurent Labit, aujourd’hui aux commandes de l’équipe pour sa dernière saison… une belle occasion de boucler la boucle ! Qui de Castres, invité « surprise », mais plus tant que ça, à cette finale, ou de Toulon, candidat annoncé candidat au titre dès l’entame du championnat, ajoutera son nom sur le prestigieux bout de bois ? Réponse samedi aux alentours de 22h45 au plus tôt, au terme, nous l’espérons, d’une finale aussi engageante que les deux demies de Nantes.

JPEG - 258.8 ko
Un an après sa défaite en demie face à Toulon, le CO prenait sa revanche sur le RCT au même niveau (18-17) et filait derrière Alain Carminati vers le troisième titre de son histoire. (Crédit photo : Presse Sports)

* En 1996, le Stade Toulousain remportait certes le championnat et la coupe d’Europe, mais celle-ci n’était alors pas disputée par les clubs anglais.


L’avis du consultant, Yann Delaigue :

La demie de Toulon

J’ai beaucoup apprécié la bonne première période des deux équipes. Toulouse y a mis beaucoup de rythme, notamment en raison de l’énorme entame toulonnaise, et de l’essai d’entrée de Rossouw. Les Toulousains ont donc dû jouer pour refaire leur retard, et ils l’ont plutôt bien fait, mais il y a toujours eu un Toulonnais pour casser les actions. Le RCT a été extrêmement solide en défense, même si on l’a pensé au bord de la rupture en toute fin de première période.
Après l’en-avant de Bouilhou sous les poteaux alors que Toulouse venait de prendre l’avantage, est pour moi le tournant du match, Toulon a remis la main sur la rencontre et a fait preuve d’une superbe maîtrise. Peu à peu, les Toulousains ont lâché, et se sont jetés dans un hourra rugby stérile, toujours réduit au silence par le mur défensif toulonnais.
En tout cas, cela a été un très beau match de rugby, avec du rythme, du jeu, de l’envie, et c’est un succès mérité pour Toulon, qui à mon sens a été meilleur que le Stade. Sur la défense bien évidemment, mais également sur le plan physique, la supériorité en conquête est là pour le prouver, que sur le plan tactique.



La demie de Castres

Force est de constater que Clermont n’était pas dans son élément à La Beaujoire ! Ils avaient encore la tête à leur finale perdue de Dublin et cela s’est vu tout de suite, et tout au long du match. Face à eux, il y avait en plus une équipe qui n’a fait aucun complexe, et qui au final, s’est montrée plus agressive en défense et au contact, plus prompte sur ses actions, et plus réaliste.
Nous avons également assisté à un très beau match de rugby entre ces deux équipes, où le tournant à bien évidemment été cette interception et cet essai de 80 mètres de Romain Cabannes, qui donnait dès lors beaucoup trop d’avance à Castres pour être rattrapé.
Clermont, qui est pourtant une ou même la référence du jeu en ce moment, que ce soit devant ou derrière, n’a pas réussi à faire du Clermont. Ils ont été moins puissants devant, moins tranchants sur leurs offensives, et le CO a joué son coup à fond, bien leur en a pris.



La finale

Tout d’abord, même si Toulon était en finale l’an passé, c’est tout neuf, c’est donc un immense plaisir de voir à ce stade deux équipes que nous n’avons pas l’habitude de retrouver à ce niveau. Cela prouve que nous avons un championnat ouvert, et que finalement, le quatrième peut dominer le premier et aller en finale.
A ce titre, pour parler du CO, c’est un parcours mérité, sous forme de prime à la régularité. Ils sont présents en phases finales depuis quatre saisons, et chaque année ils franchissent un cap. La logique de leur progression aurait voulu les voir en finale, c’est chose faite. C’est une équipe qui vit bien, où il y a une réelle dimension affective, que ce soit entre les joueurs eux-mêmes, ou avec les coaches. C’est la belle histoire de ces phases finales.
Mais il faudra se méfier de tout, car face à un tel adversaire, le danger est constant. Face à Clermont cela aurait pu être également le cas, mais les Clermontois avaient reçu un coup sur la tête une semaine avant, là ce sera une équipe en pleine confiance qui va se dresser devant eux. D’où la nécessité de jouer sa carte à fond. Il ne faudra pas être spectateur de cette finale, mais en être acteur. Une finale, c’est la chance, le match d’une vie.
Pour ce qui est du RCT, je voudrais avant tout souligner une chose. On parle souvent de cette équipe comme d’une équipe de mercenaires, mais on voit bien que ces joueurs ont bien compris l’esprit du club, et ils ont tous envie de vivre une belle aventure entre eux, d’écrire une belle page du club.
Rugbystiquement parlant, ils possèdent des joueurs incroyables, faisant partie des meilleurs joueurs au monde à leur poste à l’image de Botha, Wilkinson ou Fernandez-Lobbe. A côté d’eux, il y a des garçons qui sont en pleine forme comme Mathieu Bastareaud ou Delon Armitage. Et puis quelle expérience de haut niveau : Hayman, Sheridan, Kennedy, Masoe, Michalak, Giteau… Je ne dirai pas qu’avec de tels joueurs c’est presque simple de gagner et d’arriver en finale, mais c’est en tout cas logique.
Ils ont déjà été sacrés au niveau Européen, et même si l’on est jamais à l’abri d’un coup de fatigue, ils sont tout proches d’un retentissant exploit, et ils vont être ultra motivés à l’idée d’y parvenir. Il faudra pourtant éviter de tomber dans le piège de la confiance, et de leur rôle de favori, mais je suis persuadé que ce ne sera pas le cas.





Palmarès

Championnat de France :
1931, 1987, 1992

Championnat de France de deuxième division :
2005, 2008

Coupe de France (Challenge Yves du Manoir) :
1934, 1970

HCUP :
2013

JPEG - 2.8 Mo
Encore une fois très précieux en demie face à Toulouse, Jonny Wilkinson confirme son rôle incontournable dans la réussite du RCT. (Crédit photo : Presse Sports)

La saison du RCT :

Demi-finale :
Victoire 24-9 face à Toulouse

Statistiques générales à l’issue de la phase préliminaire :
Classement : 2ème
Nombre d’essais : 69
Total de bonus : 16
Bonus offensifs : 11
Bonus défensifs : 5
Victoires : 18
Défaites : 7
Nul : 1

Statistiques individuelles à l’issue de la phase préliminaire :
Meilleur réalisateurs : Jonathan Wilkinson avec 350 points inscrits (364 à l’issue des demi-finales)
Meilleur marqueur d’essais : David Smith avec 9 essais inscrits
Joueur ayant disputé le plus de matches dans la saison (toutes compétitions confondues) : Mathieu Bastareaud et Jocelino Suta avec 32 matches joués (33 à l’issue des demi-finales)



Palmarès

Championnat de France :
1949, 1950, 1993

Coupe de France (Challenge Yves du Manoir) :
1948

JPEG - 77.6 ko
Meilleur marqueur, meilleur buteur, joueur le plus utilisé... Rory Kockott est l’incontournable chef d’orchestre du CO. (Crédit photo : Presse Sports)

La saison du CO

Demi-finale :
Victoire 25-9 face à Clermont

Match de barrage :
Victoire 30-12 face à Montpellier

Statistiques générales à l’issue de la phase préliminaire :
Classement : 4ème
Nombre d’essais : 49
Total de bonus : 10
Bonus offensifs : 4
Bonus défensifs : 6
Victoires : 15
Défaites : 9
Nuls : 2

Statistiques individuelles à l’issue de la phase préliminaire :
Meilleur réalisateurs : Rory Kockott avec 326 points inscrits (363 au sortir des demi-finales)
Meilleur marqueur d’essais : Marc Andreu, Rory Kockott et Romain Martial avec 7 essais inscrits
Joueur ayant disputé le plus de matches dans la saison (toutes compétitions confondues) : Rory Kockott avec 31 matches joués (33 à l’issue des demi-finales)

L'actu rugby en vidéo
Toutes les vidéos

SUIVEZ-NOUS Flux RSS Icône RSS

 

CLASSEMENTS Afficher le classement Replier le classement

Ligue Nationale de Rugby - logo top 14 orange
3ème journée du 29 au 30 août
pts
0 1
Toulon
9
0 2
Toulouse
9
0 3
Clermont
9
4 4
Montpellier
9
-1 5
Bordeaux
8
3 6
Racing Metro
8
-2 7
Paris
8
2 8
Grenoble
7
3 9
Oyonnax
6
3 10
Castres
6
0 11
Lyon
5
-5 12
Brive
5
-7 13
Bayonne
5
0 14
La Rochelle
4

Détails du classement

Ligue Nationale de Rugby - logo prod2
2ème journée du 30 au 31 août
pts
6 1
Pau
9
1 2
Albi
9
-1 3
Perpignan
8
2 4
Béziers
8
-4 5
Montauban
6
-2 6
Mont-de-Marsan
5
5 7
Dax
4
6 8
Bourgoin
4
6 9
Colomiers
4
6 10
Carcassonne
4
-3 11
Biarritz
4
-7 12
Tarbes
4
-2 13
Agen
2
-1 14
Narbonne
1
-5 15
Massy
1
-7 16
Aurillac
1

Détails du classement

 
Pariez sur le TOP 14 et la PRO D2 avec notre partenaire Logo PMU.fr

CALENDRIERS / RÉSULTATS Afficher le calendrier Replier le calendrier

Ligue Nationale de Rugby - logo top 14
 
Ligue Nationale de Rugby - logo prod2
 
Calendrier général TOP 14 2014-2015
←← →→
Voir tout le calendrier