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Par Baptiste LE BEUX, le 23 octobre 2013.

Au cœur de l’USO, partie 2

Champion de France de PRO D2 en titre, l’USO a atteint son rêve, celui de se mesurer à ce qui se fait de mieux dans le rugby hexagonal. Il n’en reste pas moins qu’Oyonnax reste une exception. De par son profil, de par son fonctionnement, de par sa situation, le club du Haut Bugey est atypique. Mais pour toutes ces raisons, il est également craint et apprécié. Cette semaine, lnr.fr vous propose de plonger au cœur de l’USO en quatre parties, afin de mieux appréhender ce qui fait l’unicité et la force de ce club aussi particulier. Aujourd’hui, découvrez le deuxième opus de la saga.

Partie 2 - L’installation et la pérennisation du club en PRO D2

Pour sa première saison en PRO D2, l’USO réalise un véritable exploit ! Sixième du classement, le club se paie le luxe de pointer à sept petits points des phases finales, finissant invaincu à la maison, ce que seuls Bayonne et Auch, qui monteront en TOP 16 à l’issue de la saison, seront également parvenus à réaliser. Pourtant, rien de surprenant ! « Nous bossions depuis tellement d’années que nous étions prêts à défendre notre place à ce niveau » relate Jean-Marc Manducher. « Et puis Oyonnax a toujours été solide à la maison, cela fait partie de son histoire. Il y a longtemps pour des raisons bien particulières, car la réputation de ce club a toujours été rugueuse, avec certainement un jeu plus restrictif. Et puis plus récemment pour des raisons plus spectaculaires, pour le jeu, les essais… même si dans l’imaginaire, les gens en sont restés aux années 50, et pour eux, Oyonnax reste spécial »

Pourtant, si cette première saison au niveau professionnel ne laissait transparaitre que de la satisfaction, le club aurait pu tout perdre. En effet, jusqu’ici, une bonne partie de l’effectif était encore pluriactive, une situation peu en phase avec un statu pro. Aussi, Oyonnax dut tourner la page et se mettre aux normes. « Nous avions un avantage culturel par rapport aux autres clubs de la région, grâce à l’activité professionnelle qui animait notre région, mais nous étions en train de la perdre du fait de la professionnalisation » raconte le Président de l’USO. « Il fallait donc trouver des solutions car ce que les entreprises payaient à nos joueurs, nous devions désormais le prendre en charge ».

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« Ici, ici, c’est OYONNAX ! » Invaincu lors de sa première saison en PRO D2, l’USO a fait de Mathon une citadelle (presque) imprenable au fil des ans. (Crédit photo : Presse Sports)

La force d’Oyonnax résidait dans le fait que sur le plan administratif, le club était parfaitement organisé, et pouvait s’adapter sans problèmes à ce changement. « Nous avons donc appréhendé ces nouveautés » analyse l’homme. « La transition s’est bien déroulée, et puis, petit à petit, le sportif a pris le pas sur l’administratif ». Le navire oyonnaxien, ainsi délesté de ces difficultés d’adaptation, pouvait donc se lancer à l’abordage de ce championnat, d’abord pour confirmer son arrivée tonitruante, avant de viser plus haut.

Urios, un personnage hors norme

Pourtant, un nouvel écueil se présenta lors de la saison 2006-2007. « Nous sortions d’une période de quatre / cinq saisons sous la houlette d’Eric Catinot » se souvient l’homme fort de l’USO, « et la dernière fut délicate à tous points de vue ». Mais d’une difficulté, l’USO en fit une force. Si l’entraîneur de l’époque quitta l’Ain pour rejoindre Bourgoin, son homologue berjallien, Christophe Urios fit le chemin inverse, avec la réussite qu’on lui connait.

« Je ne m’inscrivait plus dans le projet berjallien » explique l’ancien talonneur. « Je savais qu’Oyonnax cherchait quelqu’un d’expérience pour un nouveau projet. Je dirai que c’est l’histoire des bonnes personnes, au bon endroit et au bon moment ». Pourtant, le coup de foudre ne fut pas immédiat se gausse Jean-Marc Manducher. « Christophe se demandait un peu où il allait, mais au bout de deux ou trois relances, il a vu qu’il y avait une belle aventure à vivre ici. Et nous avons trouvé un personnage hors norme, bourreau de travail, mais très cartésien, peu ou pas en rapport avec la personne que l’on peut voir physiquement. Après il avait les compétences et des valeurs fortes qui ne pouvaient qu’être en phase avec le club d’Oyonnax ».

En effet, débuta alors un essor qui aura marqué et qui marquera encore la ville et le club. « Je dirai que cela s’est fait en deux temps » analyse le technicien oyonnaxien. « Lorsque j’ai repris le projet sportif, le club était en difficulté, tout était à reconstruire. Sur la première tranche de trois ans, nous avons quelque peu surperformé, puisque nous avons joué deux phases finales et frôlé la montée. Durant cette période nous avons mis l’équipe sur les bons rails, grâce à de gros efforts réalisés par le club pour le secteur pro. Cependant, il y avait beaucoup à faire pour le reste, notamment au niveau des structures propres du club, le stade, les administratifs… »

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Avec une problématique de structuration constante, le club de l’Ain évolue en fonction des opportunités, cela ne l’empêchant jamais de travailler efficacement et de mouiller le maillot. (Crédit photo : Presse Sports)

La problématique constante de la structuration

C’est sur quoi Oyonnax a travaillé d’arrache-pied ces trois dernières années, au gré des opportunités comme le serine Jean-Marc Manducher, « La structuration du club est une problématique quasi permanente. Nous savons sur quoi nous devons travailler, mais, comme cela a été le cas pour tout ce que nous avons réalisé jusqu’ici, cela dépendra des capacités financières dont nous disposerons. Et cela, dépendra des résultats sportifs du club. Un gros boulot a été fait, et il n’est pas fini ».

Pourtant, même si l’humilité et la réserve restent de mise, force est de constater que ce projet aura été rondement mené. L’épopée de 2008-2009, en guise de prémices, qui vit l’USO se hisser jusqu’en finale de PRO D2 en atteste, avant le feu d’artifice de la saison passée. En effet au terme d’une aventure palpitante, Oyonnax prenait la route de l’exploit. Mais pour 50 petits centimètres manquants, sur une pénalité de 55 mètres de Sébastien Bouillot, Oyonnax devait dire adieu à la montée… sans pour autant avoir d’immenses regrets.

« Nous nous qualifions pour la première fois de notre histoire, nous avions fini par deux victoires à l’extérieur à la fin de la phase préliminaire, nous avions gagné en demi-finale à Agen, le gros favoris des phases finales, nous étions les premiers à gagner une demi-finale d’accession à l’extérieur… donc au niveau des joies, la coupe était bien remplie », Jean-Marc Manducher savoure toujours. D’autant plus que tout le monde au club est d’accord pour dire que la montée aurait été néfaste pour le club à cette époque.

2009, année charnière

Christophe Urios le premier : « C’est certain. Nous aurions pu y aller, nous y serions allés vaillamment, mais nous aurions reçu une sacrée claque ! » Le Président oyonnaxien confirme. « Si nous étions montés, cela aurait été prématuré. Il nous manquait de tout au niveau des infrastructures, et au niveau sportif, nous étions de plein pied dans la problématique de la PRO D2, à savoir que nous étions en mai, et donc en manque de temps pour préparer la première division ».

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En 2009, l’USO de Christophe Urios réalise un exploit, s’imposant à Agen en demie et pour atteindre la finale d’accession face à Albi. Un immense souvenir malgré la défaite, car la montée aurait été prématurée. (Crédit photo : Crédit photo)

Un mal pour un bien donc, d’autant que la saison suivante, Oyo, participait à nouveau aux phases finales… mais s’arrêtait en demie, stoppé 6-3 par La Rochelle sur les rives de l’Atlantique. Une déception pour Jean-Marc Manducher. « Ca laisse forcément un goût amer, car nous perdons à la maison en toute fin de parcours, ce qui met un terme à notre invincibilité historique à domicile, et pire, cela nous oblige à nous déplacer pour les demies alors qu’un match de phases finales à Mathon aurait été parfait à tous les niveaux. »

Donc au final, ce mal pour un bien ne fut pour ainsi dire pas si positif. Surtout quand au terme d’une saison 2010-2011 décevante, suivi d’un exercice 2011-2012 pas plus enjoué, Oyonnax stagnait dans le ventre mou du PRO D2. « Après les deux phases finales que nous avons disputé nous avons connu deux saisons délicates » regrette l’homme fort de l’USO. « Cela a été difficile à gérer et tout le monde l’a ressenti. Les résultats étaient moins bon, l’ambiance moins bonne… ce n’était pas du Oyonnax. Alors nous avons décidé d’investir, de faire les efforts nécessaires pour ramener Oyonnax où nous l’avions laissé ». Et le club appliqua à la lettre le proverbe reculer pour mieux sauter.

Retrouver la suite de ce reportage demain sur www.lnr.fr.

Retrouvez la première partie, les prémices en cliquant ici

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