Stade des Ponts Jumeaux, Toulouse, 31 mars 1912

Retrouvez l'historique des finales du championnat de France de rugby depuis 1892 et sa première édition...

(Collection privée : N. Lavallée)

STADE TOULOUSAIN 8 - R.C. FRANCE 6

Les équipes
Stade Toulousain :
F.X. Dutour, P. Jauréguy, L. Moura, A. Moulines, P. Bérard Latreille de Fozières, o) A. Mayssonni‚ m) P. Struxiano, J.L. Capmau, J. Falq, J. Servat, P. Mouniq (cap.), L. Mariette, Bergé, J.R. Pascarel, H. Tavernier.

RC France :
J. Lagarrigue, P. Failliot, G. Lane (cap.), M. Burgun, G. André, o) R. Griffiths, m) Jequier, R. Lerou, H. Vives, P. Decamps, G. Bellanger, A. Combemale, M. Monniot, J. Fonsèque, P. Guillemin.

Points
ST : Mayssonnié, Jauréguy, essais ; Dutour, transformation.RCF : André, 2 essais.

Arbitre : Marc Giacardy

Cette saison, dix sept comités participaient à la première série : Languedoc, Limousin, Périgord - Agenais, Côte Basque, Picardie, Haute-Normandie, Côte d' Argent, Touraine, Beauce et Maine, Atlantique, Lyonnais, Littoral, Alpes, Bourgogne - Franche Comté, Pyrénées, Charente et Paris. La seconde série regroupait huit comités, Bourbonnais, Auvergne, Bretagne, Côte d' Azur, Champagne, Lorraine, Basse-Normandie et Nord.
La phase éliminatoire réserva une belle surprise, la victoire en demi-finale du Racing sur le S.B.U.C. (8-4), malgré la présence parmi les Girondins de « Billy Bordeaux », c'est-à-dire William Morgan, international gallois en 1910 et frère du remarquable Teddy qui avait marqué l'essai de la victoire des dragons rouges contre les prestigieux All Blacks en 1905. Le Stade Toulousain était allé quérir sa qualification sur le terrain du F.C. Lyon (13-5).
Les Parisiens étaient favoris. Dans leurs rangs, le Gallois Rowland Griffiths et une ligne arrière composée d'internationaux en titre ou à venir. Le Stade Toulousain pouvait compter sur une 2e ligne de beau gabarit, le Pyrénéen Mouniq (1,83m-95 kilos) et le Breton Mariette (1,90m-90 kilos). A l'aile, un ailier athlétique (1,79m-87 kilos) au long patronyme, Marie Joseph Fulcrand Pierre Bérard Latreille de Fozières.
La rencontre fut engagée dès le début alors que le Racing bénéficiait du vent et qu'il tombait une pluie légère.Coup sur coup, les Toulousains Mariette et Servat étaient touchés et les Parisiens se montraient menaçants notamment par Failliot. Une chandelle toulousaine sur lui se termina d'ailleurs par un début d'échauffourée. Battus en mêlée, les Parisiens écartaient le ballon vers leurs superbes arrières. André marqua deux essais après travail de Lerou, puis de Lane. Failliot et encore André avaient été repris de justesse. A la mi-temps, les visiteurs menaient donc 6-0.Malgré deux avants diminués, les Toulousains repartaient à l'assaut. A la 45e minute, Mayssonni‚ perçait après mélêe et marquait un essai que Dutour transformait (5-6). Le Stade Toulousain avait alors le match en main. Servat se voyait refuser un essai et Dutour ratait un but, mais Pierre Jauréguy héritait d'une bonne balle gagnée par Mouniq à la touche. De face, Dutour manquait la transformation mais la marque avait basculé (8-6).
Les Toulousains, bien menés par Struxiano, surent contenir les réactions sporadiques des Parisiens, notamment de Lane et Failliot, par de bons gestes défensifs comme les trois arrêts de vol‚e successifs de Fozières.
Pour la première fois, le Bouclier de Brennus allait à la Ville Rose et le Stade Toulousain terminait la saison invaincu. En témoignage de cette performance, cette équipe est connue comme la Vierge Rouge.

Encyclopédie du rugby français, P. Lafond & J-P Bodis, éditions Dehedin.


(Collection privée : N. Lavallée)

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