Julien Tomas (Montpellier): "On se souviendra seulement du vainqueur !"

Montpellier a obtenu sa place en finale de TOP 14 Orange après avoir bataillé. Le groupe héraultais a su vaincre Castres, le Racing Métro 92, grâce à sa détermination et sa soif de jeu. Jeune mais déterminée, comme le demi de mêlée, Julien Tomas, la formation Bleu roi s'apprêtre à vivre à cent pour cent, sa première finale face au géant toulousain, samedi soir au Stade de France (20h45).
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Julien Tomas et Montpellier seront, samedi soir, en lice pour décrocher le bouclier de Brennus 2011.

- La qualification, la victoire à Castres en Barrage, maintenant la demie face au Racing-Métro 92… Quels sont vos sentiments sur ce parcours ?
C'est vrai, c'est un parcours extraordinaire. On a joué que des matchs à quitte ou double et à chaque fois on a gagné. Même que d'un petit point. Je pense que le déclic s'est fait après notre dernier match de championnat, avec la victoire contre Toulon, où c'était un match très compliqué et nous avons crée la surprise ! À partir de ce moment-là, on a connu un regain de confiance énorme et depuis on surfe sur la vague.

- Revenons sur le match face au Racing-Métro 92. Vous menez 23-6, vous êtes 20 minutes à 14, vous vous retrouvez menés 25-23 à 4 minutes de la fin… comment expliquez-vous cette fin de rencontre alors que vous sembliez parfaitement installés dans le match ?
En début de match, on s'est montrés fébriles. Peut-être un peu gagnés par l'émotion, l'ampleur de l'évènement. Et les Franciliens étaient très bien rentrés dans la partie. Puis petit à petit, on a posé la main sur le ballon, on a avancé, on s'est montré conquérants et on a su déployer notre jeu. On s'est aussi appuyés sur les défauts du Racing Métro 92. Mais c'est vrai que, jouer 20 minutes à 14 lors d'une demi-finale, pendant lesquelles on subi, ça se paie tôt ou tard. Et d'ailleurs, la deuxième fois où l'on prend un carton, on a encaissé un essai. Je pense que la fatigue, la chaleur, l'inexpérience aussi, tout ça a fait qu'on a eu une baisse de régime. On aurait pu tuer le match plus tôt avec un essai de Fufu (Fulgence Ouedraogo, Ndlr)…

- Qu'est-ce qui passe par la tête dans de telles situations ? On aurait pu perdre le match. Mais notre envie, notre détermination, tout le boulot fourni a fait qu'on arrive à obtenir cette ultime pénalité qui donne la victoire. C'est de la chance mais pas seulement…

- Quoiqu'il en soit, vous êtes en finale, alors que vous étiez le petit Poucet à l'entame de ces phases finales… quel est le secret de Montpellier ?
Le secret ?… (Rires) Je ne sais pas. Je crois que c'est le fruit de tout le travail que l'on a fourni tout au long de la saison. Avec les deux entraineurs que l'on a, qui sont très exigeants, portés par le souci du détail, on a extrêmement progressé. On a mûri. Toute l'équipe a pris une dimension supérieure, notamment avec l'analyse vidéo. Chacun est devenu plus responsable, plus autonome dans ses entrainements, sa façon de travailler ! Et puis, nous, comparées aux autres équipes, on n'avait pas d'impératif de résultats, donc beaucoup moins de pression. Il y a aussi le fait qu'on n'ait pas de grosses individualités comme les grandes écuries du championnat, mais un collectif soudé qui fait la différence ! C'est notre envie qui l'emporte !

- Quel est votre état d'esprit avant d'aborder cet immense évènement.
On est assez relâché. Mais ça n'enlève rien au fait qu'on se concentre sur la finale. En début de semaine, le but était absolument d'évacuer l'euphorie de Marseille pur ne pas ensuite, monter à Paris et prendre trente points. Maintenant, on sait que samedi ce sera complètement différent, il n'y aura plus tout le public montpelliérain qui s'était déplacé au Vélodrome, il y aura une autre atmosphère, dans un autre grand stade. Mais chaque jour, à Montpellier, on sent que les gens sont mobilisés derrière nous, et ça c'est extrêmement motivants. On va laisser monter la pression petit à petit, et je pense que samedi vers 20 heures, on ne sera plus tellement relâchés (Rires) !

- Samedi c'est Toulouse qui se dresse face à vous. Que vous inspire cette équipe ? Ses qualités, ses défauts ?
Tout le monde connait la grandeur de Toulouse. C'est une très grosse écurie, qui joue extrêmement bien et qui est solide. Ils ont des internationaux à tous les postes.

- Tout le monde s'accorde à dire que la finale opposera les deux équipes qui ont produit le plus de jeu tout au long de la saison. C'est votre avis ?
Oui je pense que c'est vrai. Toulouse est une équipe réputée pour ça, elle aime jouer avec les ballons, envoyer du jeu. Et nous aussi. On est une équipe jeune, qui a faim de ballons. On a un jeu à travers lequel on s'épanouit. Donc c'est vrai que c'est une finale avec deux équipes qui produisent du jeu, qui sont ouvertes. Maintenant de là, à dire que vous verrez du grand jeu et que la finale sera ouverte…c'est une autre histoire !

- Sur quoi le MHR va s'appuyer pour tenter de gagner cette finale ?
(Rires)… sur l'envie, la détermination, la force collective et peut-être sur les petits défauts des Toulousains, qui sont vraiment minimes !

- Eric Béchu et Fabien Galthié s'accordent à dire que vous êtes un groupe de rêve pour des entraineurs, que c'est facile de travailler avec des joueurs comme vous. A l‘inverse, comment les percevez-vous, individuellement, et collectivement ?
Quand ils sont arrivés, on a tout de suite senti un changement. Moi, depuis toutes les années où je suis au club, j'ai senti l'évolution. On a changé notre système de jeu. Les entraîneurs nous ont fait mûrir. En ce qui me concerne, j'ai vraiment été aidé et porté par Fabien. Il m'a vraiment aiguillé tout au long de la saison et c'est très important pour moi ! on s'est approprié leur savoir-faire, leur expérience, leur métier.

- De manière un peu plus personnelle, il s'agit là d'une saison incroyable. Quel regard portez-vous sur votre parcours cette année ?
J'ai senti que j'avais franchi un cap. Notamment grâce au duo d'entraineurs. Le souci du détail de Fabien, son métier d'ancien international, de champion de France…ont offert plus de densité à mon jeu. Le 9 a beaucoup d'options dans le projet de jeu et c'est en ça que Fabien a été essentiel pour moi.

- Quelles critiques pourriez-vous faire ?
Je suis toujours à la recherche de critiques. J'essaie de tendre vers la perfection, de m'améliorer en permanence. Donc de toute évidence, il y a toujours des critiques constructives à en tirer. Dans la saison, même si elle est aussi belle que celle-ci, il y a des matchs, où tu sors de là et le lendemain tu as mal à la tête parce que tu sais que tu aurais du faire mieux. Je pense notamment à la défaite à la maison contre Bayonne, qui aurait pu nous couter tellement cher. Sur l'ensemble de la saison, il faut être très solide psychologiquement, car ce n'est pas facile du tout…

- Que peut-on vous souhaiter pour samedi ?
Ce qui est sûr, c'est qu'on veut sortir de cette finale avec le moins de regrets possibles. On ne veut pas aborder le match en étant des victimes, et sortir en ayant pas fait de notre mieux contre les Toulousains. Après, la finale on la joue toujours pour la gagner. On se souviendra seulement du vainqueur. Et en ce qui me concerne, je ne veux pas partir aux oubliettes (Rires) !

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