Christian Labit : « Pour réussir, il faut jouer »

- Formé à l’école toulousaine, Christian Labit veut transmettre à ses joueurs l’envie de jouer pour se maintenir en PRO D2 © Presse Sports
L’ancien joueur du Stade Toulousain entame sa quatrième saison en tant qu’entraîneur de l’US Carcassonne. Après le titre en Fédérale 2 en 2008, l’USC a remporté le trophée Jean-Prat la saison dernière, gagnant ainsi le droit de s’aligner cette saison en PRO D2. Si le passage dans le monde professionnel paraît délicat, dans un championnat extrêmement exigeant, Christian Labit ne déroge pas à ses principes : c’est par le jeu que Carcassonne ambitionne de se maintenir. Après, les Jaune et Noir pourront voir plus loin.
Le parcours de Carcassonne en 2009-2010
pdf - 280.4 koComment s’est passée la reprise ?
Elle a été extrêmement rapide ! On s’est jeté de suite dans le boulot, il fallait s’y remettre. La saison passée a été exceptionnelle, mais on a fini très tard, on est donc reparti de plus belle, sans avoir pris trop de vacances. On a surtout profité de l’intersaison pour consolider le club, malgré le peu de temps dont nous avons disposé. Je dois dire que je suis ravi de l’investissement du président, de l’énergie et de l’ambition qu’il a.
Qu’est-ce qui a changé à l’intersaison ?
Déjà, il a fallu passer du monde amateur au monde professionnel. Ce n’est pas simple, même si on s’est doucement préparé depuis la saison précédente. Notre budget n’est pas colossal, mais on a mis en place de nouvelles installations afin de pouvoir travailler dans les meilleures conditions. Il a aussi fallu trouver des solutions pour les joueurs, leur faire signer des contrats professionnels, qu’ils quittent leur emploi pour certains… Et comme nous avons fini tard, le recrutement a forcément été tardif, vu qu’on ne savait pas si on allait monter jusqu’à la finale du Jean-Prat. Donc on s’est mis à la course à l’armement en peu de temps, sachant qu’il ne restait plus beaucoup de joueurs disponibles sur le marché. Mais notre but était avant tout de conserver une année de plus le groupe de la saison passée, en y ajoutant des garçons capables de s’y fondre. Nous les avons recruté d’abord sur leur mental, leur façon d’être, et leur capacité à se fondre dans notre fonctionnement. Je pense qu’il a été plutôt judicieux. Nous avons aussi eu la chance de bénéficier des malheurs de Montauban, on a pu récupérer quelques-uns de leurs joueurs. Et puis nous avons la chance d’accueillir chez nous Peter Bracken, pilier droit, ex-international irlandais. Il a de l’étoffe, un gros mental et il est d’une extrême gentillesse.
Comment vous sentez-vous avant de découvrir la PRO D2 ?
Je me sens bien, nous travaillons dans la continuité de ce qui a été fait depuis mon arrivée il y a trois ans. Je suis aussi ravi de retrouver le professionnalisme, où j’ai baigné toute ma carrière. Il n’y aura pas de place pour l’à peu-près, le temps passera très vite, et il faudra, pour mes joueurs comme pour moi, se donner à fond. Ca me plait beaucoup, d’autant que si on s’imprègne complètement de ce degré d’exigence, si on est guidés par la réussite, on peut arriver à quelque chose. Et puis, il y a un très bon état d’esprit dans ce groupe, dans ce club. On veut tous aider à structurer l’USC, à le faire grandir pour qu’il puisse avoir ce qu’il mérite. Si tout s’arrête, je pourrai au moins me dire que j’ai contribué à faire progresser l’USC. J’ai le sentiment d’avoir réussi mon premier pari, quelque part.
Qu’est-ce que Carcassonne peut viser cette saison ?
Dans mon esprit, on part sur un cycle de deux ans : cette année, on joue pour se maintenir, afin d’obtenir une assise supplémentaire, d’être mieux structurés la saison prochaine. Et là, j’espère qu’on pourra viser plus haut. J’aime les challenges, et celui-ci en est un. Nous avons un gros avantage, c’est celui d’être aidés par les politiques de la région : le Maire de Carcassonne est derrière nous, les collectivités locales comme le Conseil Général. Je tiens à les remercier, car ils nous ont beaucoup aidé à faire avancer le club.
Quels joueurs de l’USC peuvent se révéler cette saison ?
Je pense que certains peuvent se révéler, oui. Il y a un bon amalgame chez nous entre les jeunes et les anciens. Nos jeunes joueurs ont beaucoup de talent. Ils arrivent pour la plupart des centres de formations d’autres équipes, et viennent chez nous pour obtenir le temps de jeu qu’ils n’auraient pas eu ailleurs. Il y a de la qualité, il faut maintenant les laisser s’exprimer au plus haut niveau.
Comment jugez-vous le niveau global de la PRO D2 ?
J’ai pu voir quelques matchs la saison dernière, et la première chose qui saute aux yeux, c’est que c’est très dur physiquement. Les matchs s’accumulent, les risques de blessure sont forcément plus importants. Les joueurs sont très costauds, et toutes les équipes ont une grosse conquête, une bonne défense et un jeu au pied efficace. Le jeu passe donc beaucoup par devant, ce qui fait qu’il n’y a que peu de jeu, hélas. Et quand ça ne joue pas assez, cela donne de faibles scores, les matchs se jouent sur des détails. Je pense qu’avec des règles qui avantagent les équipes qui produisent du jeu, cela rendrait ce championnat beaucoup plus attrayant.
Quelle sera la philosophie de jeu de l’USC ?
On ne changera pas celle qui a fait notre force : on jouera ! Pour réussir, il faut jouer. Je ne vais pas mettre de barrières à mes joueurs, ni les faire jouer contre-nature. Il faut les laisser s’exprimer, qu’ils se fassent plaisir sur le terrain. Et puis, ce sont ceux qui jouent un peu plus que les autres qui s’en sortent à la fin, la preuve l’an dernier avec Clermont et Agen, ou même nous. Bon, on ne pourra pas faire que balancer du jeu toute la saison, mais je pense que ce sera nécessaire si on veut franchir un cap. Donc on jouera en mouvement, avec des séquences de passe, du soutien et une grosse conquête.








