Laurent Marti : « Se rapprocher des play-offs »

- C’est une Union Bordeaux Bègles soudée et renforcée qui s’apprête à relever le défi des joutes de la PRO D2. © Presse Sports
En entamant sa quatrième saison à la tête de l’UBB, le président Marti espère atteindre enfin les play-offs mais malgré un recrutement conséquent à l’intersaison, il sait que la tâche s’annonce ardue. Pourtant, l’ambition d’atteindre le TOP 14 Orange dans quelques saisons est toujours présent. Dans un coin de la tête…
Le parcours de Bordeaux en 2009-2010
pdf - 328.8 koComment s’est passée la reprise ?
Cela s’est bien passé. Le club se structure peu à peu, grandit au mieux.
L’intersaison a été agitée à Bordeaux, avec beaucoup de mouvement dans l’effectif…
L’hiver a été difficile pour nous, notre budget n’était clairement pas suffisant. J’ai dû tirer la sonnette d’alarme auprès des politiques afin d’obtenir des subventions supplémentaires, afin que le club ne repose pas que sur mes épaules. Le budget, qui était le 11ème de PRO D2, est donc passé de 4,6 à 5,4 millions d’euros. Mais cette incertitude a fait que pas mal de joueurs sont partis, à grand regret car nous aurions bien voulu en conserver une bonne partie. Peut-être que ce groupe est arrivé au bout, et qu’il fallait le renouveler. Notre recrutement a été efficace, avec de très bons joueurs comme Blair Connor, un jeune trois-quart aile australien que la presse regrette déjà là-bas, ou Matthew Clarkin, l’ex-capitaine de Montauban. Maintenant, il faut que la mayonnaise prenne.
L’ambition du club, est de se qualifier pour les phases finales ?
Je signe tout de suite pour une qualification ! On serait heureux, mais je pense que ce sera très, très compliqué. A mon avis, il y a déjà 7 ou 8 équipes mieux armées que nous dans ce championnat. On va essayer de s’en rapprocher, d’autant que la saison passée, nous avons terminé neuvièmes, à seulement un point du huitième.
Sur le long terme, vous visez le TOP 14 Orange ?
Quand je suis arrivé à Bordeaux, il y a trois ans, nous voulions atteindre le TOP 14 Orange sous 3-4 ans. Force est de constater que nous sommes en retard sur cet objectif, mais c’est toujours dans un coin de notre tête. Le souci, c’est qu’on se sent un peu seuls à Bordeaux : même si on y met de la bonne volonté, il n’y a pas véritablement de passion pour le rugby, et ce à tous les niveaux… on se bat avec ce qu’on a.
Quel jeune joueur bordelais peut se révéler cette saison ?
Malheureusement, ils sont tous partis ! On a tout fait pour les retenir, mais nous n’avons pas les moyens pour le faire. Depuis que je suis là, tous nos meilleurs espoirs sont partis, comme Benjamin Fall. Vous savez, les jeunes sont recrutés de plus en plus tôt, ils ont des agents, de l’ambition. Pour un club de milieu de milieu tableau de PRO D2, c’est difficile de lutter.
Comment jugez-vous le niveau global de la PRO D2 ?
C’est un championnat très intéressant, avec du combat permanent, jamais de possibilité de répit. Le niveau monte sans cesse, et cette saison, il n’y a plus une ou deux équipes largement devant toutes les autres, comme cela a pu être le cas avec Toulon, le Racing ou dans une moindre mesure Agen. A la fin de la saison, je suis sûr qu’il y aura des surprises.
Comment expliquez-vous que, malgré la crise, tous les clubs parviennent à bien se renforcer ?
Le rugby est un sport qui monte en France, nous sommes de plus en plus attractifs. A Bordeaux comme je pense ailleurs, nous avons réussi à attirer de nouveaux partenaires et ceux qui étaient déjà là augmentent leurs investissements. Pour ce qui est de Bordeaux, je pense que le club a une image sympathique dans la ville : on est petits et on se bat pour exister dans une région riche culturellement parlant. Plus globalement, les valeurs que le rugby véhicule attirent la sympathie du public, et donc des partenaires. Et puis, quand on voit l’image que possède le football, c’est compréhensible que les marques s’associent plus au rugby…








