PRO D2 Le point
Par Baptiste LE BEUX, le 24 avril 2012.

PRO D2, J29 - Christian Labit (Carcassonne) : « Mettre les joueurs dans une bulle »

Pour sa deuxième saison en PRO D2, l’USC est en course pour les demi-finales de PRO D2, comme le souhaitait Christian Labit en début de saison. Fidèle à ses ambitions, le coach audois et ses joueurs poursuivent leur progression dans une logique d’humilité et de simplicité, jusque-là payante. A deux journées de l’exploit, ils sont en route pour le rêve, à condition de rester dans leur bulle, et de ne pas en sortir.

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A deux journées de la fin du championnat, Christian Labit et Carcassonne sont proches d’atteindre leur objectif, celui de se qualifier pour les demi-finales... à condition de bien négocier les deux prochains matches à domiciles. (Crédit photo : Presse Sports).

En début de saison, vous nous annonciez un objectif, personnel, celui de jouer les phases finales… aujourd’hui, à deux journées de la fin, vous êtes en course pour y parvenir ?
(Soupirs) Oui, on y est, on y est. Enfin du moins, sur la route, car il y a encore deux matches pour tout le monde et tout le monde jouera les coups à fond. Le problème est que nous dépendons encore des autres, et que nous avons deux derbys à jouer, deux matches atypiques… nous n’allons pas nous poser plus de questions que d’habitude, nous allons jouer ces matches avec la volonté de les gagner pour déjà aller le plus haut possible dans ce championnat, et si l’avenir nous sourit, pour peut-être disputer les phases finales.

A l’entame de l’exercice actuel, beaucoup pensaient qu’après votre saison 2010-2011 tonitruante, il vous serait compliqué de faire au moins aussi bien… vous faites mieux.
(Rires) En effet, mais je m’y suis habitué depuis que je suis arrivé à Carcassonne. Il y a eu trois caps importants, trois objectifs à atteindre, et à chaque fois nous n’avons pas été épargnés.
Le premier, c’était lorsque j’ai pris l’équipe en main lors de la saison 2007-2008. Beaucoup d’entraîneurs s’y étaient cassés les dents, et on me promettait l’enfer. La première difficulté était de composer avec l’effectif alors présent et de monter le plus haut possible. J’avais annoncé que le but était à court terme d’atteindre la PRO D2. On me prenait pour un fou, mais je suis quelqu’un qui aime les challenges, ce qui me motive, c’est de relever les défis. J’ai été fidèle à mes ambitions, et à la fin de la saison nous remportions le championnat (NDLR : 16-15 face à Arras) et montions en Fédérale 1. Après une année de transition, nous avons remporté le championnat de Fédérale 1 en 2010 (NDLR : 16-3 contre Saint-Etienne). En trois saisons, nous avons été champions deux fois pour monter en deuxième division professionnelle. L’objectif était donc atteint.
De fait, le deuxième était de se maintenir. Là encore on m’a dit que nous vivrions l’enfer. Au mois de décembre 2010, nous sommes quatrième, nous finissons en milieu de tableau (NDLR : 10ème) mais avec un maintien assuré très vite. Objectif là encore atteint.
Ensuite, pour notre deuxième saison en PRO D2, on m’a encore dit que ce serait l’enfer, car après le parcours que nous avions réalisé, le plus dur commençait. Nous n’allions plus surprendre, tout le monde nous attendrait au tournant… effectivement, il fallait prouver notre valeur, et pour cela donner de nouveaux objectifs à un groupe quasiment inchangé, car nous avions conservé environ 80% de nos joueurs, dont beaucoup sont issus de Fédérale 1, et dont quelques-uns ont débuté l’aventure dès la Fédérale 2. Au final, on se rend compte que nous ne sommes pas très loin des meilleurs, car nous sommes encore en course pour les demi-finales. Le troisième objectif a donc lui aussi été atteint.

Comment expliquez-vous cette ascension fulgurante ?
On nous a prédit beaucoup d’enfer, dit beaucoup de choses négatives, et cela a été une motivation supplémentaire. Cela m’a donné envie d’aller encore plus loin, je l’ai transmis aux joueurs qui ont fait preuve d’une énorme envie aussi, et cela nous a permis de traverser sereinement les épreuves. Je crois aussi, que c’est notre façon de vivre, en groupe j’entends, qui a fait que nous avons gravi les échelons de cette manière. Nous avons toujours évolué en toute humilité, en toute simplicité, et ça paie.
Aujourd’hui, à travers toutes ces épreuves, le club est pérennisé, malgré, je le répète encore, le plus petit budget du championnat, des structures parmi les moins développées de la PRO D2, 12 joueurs issus de la Fédérale 1, peu, mais quelques-uns encore, de la Fédérale 2… notre force est là, celle de s’appuyer sur des joueurs qui ne sont peut-être pas les meilleurs mais qui donnent tout et qui croient au projet de jeu, sans compter sur un gros recrutement. C’est une de mes plus grosses fiertés.
Après deux saisons en PRO D2, on voit que nous ne sommes pas loin du bout, et que si nous n’y parvenons pas, ce n’est pas une fin en soi, car nous avons frisé le plus haut niveau. Nous avons été l’une des formations les plus performantes, nous avons marqué les esprits, et nous nous serons donnés les moyens de croire en nos capacités afin d’atteindre nos objectifs.

Pourtant, l’USC n’a pas été un modèle de régularité. Il y a eu des périodes de haut, de bas, de très haut… comment l’expliquez-vous ?
Simplement par un fonctionnement, qui par rapport aux autres équipes de tête, ne nous permet pas d’être les plus forts. Les quatre ou cinq autres équipes de tête bénéficient de beaucoup de moyens, et notamment pour le recrutement. Aussi quand il y a eu de la casse, ils avaient un réservoir leur permettant de faire tourner sans perdre en qualité, de faire souffler les organismes, ce que je ne pouvais pas me permettre.
Après, nous perdons quelques matches de peu, que nous aurions pu ou du remporter. Je pense au match aller à Grenoble en début de saison (NDLR : revers 12-17), au match aller à la maison contre Mont-de-Marsan (NDLR : défaite 25-30), plus récemment aux défaites dans les arrêts de jeu à Bourgoin (NDLR : 30-33) ou à Mont de Marsan (NDLR : 15-20), le nul à Oyonnax (NDLR : 13-13)… mais les grosses écuries, elles, ont gagné ce genre de matches. Cela vient sûrement d’un manque d’expérience, de continuité, mais il ne nous manque pas grand-chose.

Vous avez les cartes en main pour y parvenir avec deux matches à domicile. Pensez-vous que cela peut faire pencher la balance, d’autant plus face à deux formations qui n’ont plus rien à gagner ni à perdre ?
C’est à double tranchant, d’autant plus qu’il s’agit de deux derbys. Narbonne, puisque c’est notre prochain adversaire, ne viendra pas pour nous faire des cadeaux. S’ils peuvent nous empêcher de poursuivre notre route vers les demies, ils ne vont pas s’en priver. Nous ne nous fions qu’à nous. C’est certes plus facile de jouer deux fois à la maison pour finir que de se déplacer, mais ce championnat est tellement long et tellement relevé, que la donne peut changer n’importe quand, même au dernier moment.
Ce qui est regrettable est que certaines formations ont, semble-t-il, lâché depuis quelques temps, car elles n’avaient plus rien à perdre ni à gagner. Du coup, elles ont quelque peu faussé le championnat, et cela peut être encore accentué puisque le maintien est plié. Mais nous ne ferons pas de comptes d’apothicaire et nous ne compterons que sur nous-même, en jouant comme nous l’avons toujours fait. S’il y a la cerise sur le gâteau au final, ce sera encore plus beau.

Que pensez-vous justement de Narbonne, qui a longtemps lutté pour sa survie et qui depuis quelques semaines a montré un tout autre visage, prouvant que le club n’était peut-être pas à sa place ? On dit que l’on a la place que l’on mérite ! Mais, avec l’affection que je peux avoir pour cette équipe (NDLR : Christian Labit a joué au RCNM de 1989 à 1997 puis de 2005 à 2007), je suis content que cette équipe se soit maintenue, car elle mérite de rester à ce niveau. L’arrivée des Australiens à la tête du club a permis d’écarter des personnes qui ne lui apportaient rien. C’est une nouvelle philosophie, certes menée par des étrangers, mais qui a permis à cette équipe de se sauver.
Personnellement et sur un plan purement sportif, j’aimerais avoir les mêmes conditions de travail, les mêmes outils, le même budget que peuvent avoir les Narbonnais. Ils ont beaucoup de clés pour réussir, et je fais confiance à ces hommes « nouveaux » pour initier le changement et permettre au club de rebondir.

Comment abordez-vous cette fin de parcours ?
On ne change pas grand-chose à Carcassonne. Ce match sera encore plus dur que d’habitude, d’abord parce que c’est un derby, ensuite parce qu’avec notre dynamique de victoire et notre place au classement, les gens seront encore plus demandeurs. Il y aura donc une préparation psychologique solide à mettre en place, pour mettre les joueurs dans une bulle, et ne pas les en faire sortir. Même si je sais que tous ont une énorme envie de tirer dans le même sens, de parfaitement préparer ce rendez-vous et cette fin de saison, le contexte peut en faire dégoupiller un ou deux. Mais je vais faire en sorte que cela n’arrive pas !
Après, sur le plan sportif, il faudra réussir à mettre les bons ingrédients pour battre ces deux équipes et croire à la qualification. Je veux que ce soit la fête pour tout le monde, et si dans deux journées, nous pouvons rendre les choses encore plus belles, ce serait exceptionnel.

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