International Equipe de France
Par Baptiste LE BEUX, le 20 février 2013.

VI Nations – J3, Emile NTamack : « Une forme de rédemption ! »

Les rêves de victoire envolés, ou presque, c’est avec tension que le XV de France s’apprête à terminer sa campagne dans les VI Nations. Si le dernier match lui offrira l’Ecosse à domicile, les Bleus auront avant dû croiser le fer en Irlande, et surtout en Angleterre dès ce week-end. De quoi penser aux plus sombres heures du rugby français, et notamment à la dernière cuillère de bois, datant de 1958. Mais loin de cela, le voyage à Londres, doit, et même si la victoire n’est pas au rendez-vous, être une sorte de rédemption. Pour Emile NTamack, le contenu importe même plus que le résultat. Entretien.

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Que dire après ce début de compétition, avec deux défaites d’entrée ?
C’est malheureux ! C’est tout un groupe qui est à la peine, et quand je dis tout un groupe, je parle des joueurs bien sûr, mais également du staff, de l’encadrement, et ça fait forcément mal au cœur. Ce n’est évidemment pas plaisant de débuter par deux défaites, ce n’est évidemment pas plaisant de revoir ses ambitions à la baisse… mais ce qui est fait est fait !
De tout temps, la France a raté des matches, mais elle a toujours su rebondir, car elle savait ce qui n’avait pas fonctionné. Il faudra être capable de bien déterminer les points d’achoppement et repartir de l’avant. Il faut sereinement envisager la suite de la compétition, afin de la terminer mieux qu’elle n’a commencé, et cela commence par ce déplacement à Twickenham.

Philippe Saint-André a procédé à cinq changements dans le groupe des 23. Etait-ce nécessaire pour créer un électrochoc ?
Lorsque l’on fait des changements, c’est parce que l’on pense que tous les joueurs n’ont pas apporté ce que l’on attendait d’eux. Dans cette optique, c’est tout à fait légitime. Après, si c’est clairement une question de qualité de joueurs, et que cela n’a pas fonctionné contre l’Italie et le Pays de Galles, on va prendre une correction à Londres ! Et je suis sûr que le problème n’est pas sur la qualité des garçons. _ Entre le groupe qui a débuté la compétition et celui qui part en Angleterre, nous avons des profils tout de même assez similaires, avec ce qui se fait de mieux en France en ce moment, donc cela ne bouleverse rien du tout. En revanche, peut-être est-ce le type de jeu désiré qui ne convient pas à ce groupe, à ces groupes. Nous allons attendre Twickenham, et à l’issue de la rencontre, nous aurons peut-être d’autres réponses.

Deux matches, deux victoires pour l’Angleterre… deux matches, deux défaites pour le XV de France… Le contexte reste extrêmement délicat ?
Bien sûr, nous sommes déjà dans le dur, les ambitions ont été revues à la baisse, nous n’allons pas revenir dessus. Il faut travailler sur la durée, préparer l’avenir, et cela ne se fait pas du jour au lendemain. Ce n’est pas en gagnant en Angleterre que tout sera réglé, que tout le monde sera rassuré par cette équipe. Cela aidera, forcément, mais il faudra être capable d’enchainer et de montrer autre chose.
Au-delà de la victoire, qui si elle arrive serait évidemment extraordinaire, l’objectif est d’aller chercher là-bas une sorte de rédemption, de montrer un tout autre visage, de proposer un jeu plus attrayant. S’il y a défaite, mais si l’équipe se montre performante, parvient à accrocher ces Anglais, ce sera déjà un point positif. Si l’on gagne, on prend ce qui est à prendre, mais il faut avant tout régler le problème dans le fond, pour pouvoir bâtir sur la durée. Voir si notre jeu nous permet de pouvoir battre les gros morceaux ou pas, et ce régulièrement. J’ai envie de dire que le contenu importe plus que le résultat.

Quelles sont les forces et faiblesses de ces anglais ?
Hormis l’incontournable pragmatisme anglais, la principale force de cette équipe est qu’elle est convaincue d’être dans le vrai, et ce, depuis toujours. Après, cela ne se limite bien évidemment pas à cela ! C’est avant tout une équipe très complète, qui est très patiente, qui ne panique jamais. Ce n’est pas original, mais il faut dire ce qui est, il y a un pack performant, une paire de demis qui gère très bien le jeu, avec notamment Farrell qui s’est rendu incontournable, tant dans le jeu courant que dans le jeu au pied ou dans ses tentatives de coups de pieds. Une ligne de trois quart puissante et qui peut créer du danger à tout moment…
De plus, il y a un gros réservoir, car Lancaster peut se permettre d’interchanger les hommes sans que le niveau de jeu ne soit modifié. Ici, la chance des Anglais est de pouvoir s’appuyer sur de nombreux jeunes joueurs déjà très mûrs et rompus au plus haut niveau. C’est une équipe qui n’est certes pas encore accomplie, mais qui possède un énorme potentiel et qui progresse à chacune de ses sorties. Le grand balayage effectué après la Coupe du Monde en Nouvelle Zélande a fait beaucoup de bien.

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Parmi les forces de cette équipe anglaise, de nombreux jeunes talents déjà mûrs, à l’image de l’ouvreur Owen Farrell sont venus renforcer les rang du XV de la Rose (Crédit photo : Presse Sports)

Il y a eu deux semaines pour préparer le déplacement en Angleterre, cette coupure est salutaire, ou au contraire, peut-elle accentuer le fait de ruminer ces moments difficiles ?
Un telle trêve est toujours salutaire. Il aurait été extrêmement compliqué, au sortir de deux défaites, d’enchainer sur l’Angleterre à Twickenham. Pour la régénération mentale et physique, c’était essentiel ! Est-ce que cela sera suffisant ? Nous verrons cela après le match, mais je le répète, il fallait couper.

Un succès, et tout peut-être permis pour cette fin de compétition. Un revers, comme vous le pensez-donc, ne serait pas forcément si négatif que cela ?
C’est pour cela que je disais que le contenu importe plus que le résultat. Même si l’on perd à Londres, il peut y avoir du mieux, et cela pourrait permettre au XV de France de capitaliser pour la suite de la compétition, et notamment à Dublin, pour peut-être y gagner, mais surtout pour y franchir un nouveau cap. Ne pas se limiter au seul Tournoi des VI Nations, sur lequel il faut faire une croix, mais voir plus loin.
Cette compétition marque le début de la saison internationale, une saison longue, jalonnée d’autres rendez-vous importants, avec notamment cette année une Tournée en Nouvelle Zélande. Et tout cela, avec pour objectif principal, d’être prêt en 2015.

Dans ce contexte, pensez-vous les Français capables de battre l’Angleterre dans son antre ?
Si l’on se réfère seulement à la logique sportive actuelle, non ! Dans la maîtrise, la confiance, la réussite, les Anglais sont supérieurs à nous à ce jour… mais malgré cette même logique sportive, si souvent mise à mal dans le rugby, ce qui fait la beauté de ce jeu, il peut arriver des choses inattendues, incroyables, extraordinaire… on verra à la fin.

Qu’auriez-vous envie de dire aux joueurs avant ce match, décisif, pas pour la victoire, mais dans la suite de sa construction ?
Je crois sincèrement au potentiel de cette équipe. Un groupe qui a montré ses qualités il y a peu de temps, qui a vu de nouveaux talents émerger… Il n’est pas moins compétitif que celui que nous avons pu avoir avec Marc Lièvremont et Didier Retière. Il n’était pas forcément le meilleur, mais il générait de la confiance, ce qui nous a permis de créer des exploits. Le groupe dont dispose Philippe Saint-André doit être capable de cela. Ils connaitront d’autres moments difficiles, mais c’est aussi dans la difficulté que l’on se construit, et si tout le monde continuer à tirer dans le même sens, cela finira par payer.

Retrouver la fiche d’Emile NTamack, parrain de la LNR, ici

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Si la France est aujourd’hui dans une situation délicate, le voyage à Londres n’arrive pas forcément au bon moment. Mais pour Emile NTamack, le contenu compte plus que le résultat. Aussi, si défaite il y a, mais que du mieux est observé, cela sera positif pour l’avenir (crédit photo : Presse Sports)
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