International Tournoi des VI Nations
Par Baptiste LE BEUX, le 5 février 2013.

VI Nations – J2, Emile NTamack « Victoire obligatoire ! »

Champion de France à six reprises avec le Stade Toulousain. Vainqueur de trois Coupe d’Europe sous le maillot Rouge et Noir. Sélectionné à 46 reprises avec le XV de France. Vainqueur des Grands Chelem 1997 et 1999. Finaliste de la Coupe du Monde en 1999 en tant que joueur, puis en 2011 comme entraîneur adjoint… Emile Ntamack est un monument du rugby français. Parrain de la LNR et consultant de lnr.fr à l’occasion des VI Nations 2013, il nous livre ses impressions sur les rencontres du XV de France. Déçu au sortir du revers inaugural en Italie, il souligne que la France, capable de tout, n’a pas le choix… une réaction est attendue samedi à domicile face au pays de Galles.


- Quel est votre sentiment au sortir de cette défaite française à Rome ?
Forcément de la déception. A l’abord d’un Tournoi, le premier match permet de se mettre en rythme, de bien entrer ou pas dans la compétition. Débuter par une défaite est forcément très négatif, triste, mais il est clair qu’il ne faut pas s’apitoyer sur son sort et qu’il faut rebondir immédiatement.
Le plus dommage reste, qu’après la superbe Tournée d’automne, tout le monde avait beaucoup d’espoir avant les VI Nations, et ce revers inaugural en Italie prouve que les vieux démons peuvent revenir très vite. On pensait que les Bleus avaient franchi un cap, ce n’est pas le cas. Maintenant, les compteurs sont remis à zéro, et il faut réagir pour le deuxième match puis pour la suite de la compétition.

- Quels sont les gros points négatifs ?
Tout d’abord, il faut avouer que la France est tombée sur une superbe équipe d’Italie, et que celle-ci est responsable de la défaite des Français, ils n’ont pas perdu tout seuls comme on peut déjà l’entendre. Mais après, il est clair que les Bleus y étaient préparés, il n’y a pas de match facile dans le Tournoi, et les joueurs savaient qu’ils allaient être bousculés. Au-delà du déchet technique par moment, le gros point noir est de ne pas avoir su trouver de solutions aux problèmes posés par les Italiens.
La France a été dominée dans beaucoup de secteurs, contrée par une belle conquête transalpine, et puis elle n’a pas su montrer le visage qu’elle avait affiché lors de la tournée, celui que tout le monde attendait dimanche. Nous avons vu une équipe renfermée sur elle-même, parfois un peu timide. C’est d’autant plus dommage, qu’à chaque fois que les Bleus ont su mettre leur jeu en place, dès qu’ils ont mis de la vitesse, dès qu’ils se sont trouvés, ils ont scoré…

- Les Bleus ont-ils selon vous les moyens de se relever immédiatement de cette grosse désillusion ?
Bien sûr, mais ils n’ont surtout pas le choix ! D’autant plus qu’ils jouent à la maison, et un deuxième revers, surtout au stade de France serait réellement délicat et annonciateur de lendemains difficiles. Cela voudrait dire que nous nous sommes trompés d’hommes, que cette équipe n’a peut-être pas les capacités d’être performante sur la durée… mais très honnêtement, cela je ne le pense pas.
Et puis on ne comprendrait pas que la France s’incline ou soit malmenée à la maison, surtout face à une équipe galloise, pour laquelle c’est encore plus délicat. La victoire est obligatoire, et si la manière y est, tant mieux, mais seul le succès compte. Il sera temps après de montrer un visage plus séduisant.

- En effet, place au pays de Galles, qui comme vous le disiez est dans une situation encore plus délicate avec huit de défaites de rang ?
Oui, ils connaissent une période très délicate, mais du coup cette équipe va arriver en bête blessée à Saint-Denis, et il va falloir encore plus s’en méfier. Après, même si les défaites s’enchaînent, les Gallois gardent les mêmes convictions. Il n’y a pas de renouvellement de staff, pas de changement de joueurs, ils croient en leur qualités, savent de quoi ils sont capables, car le Grand Chelem en 2012 et la demi-finale de Coupe du Monde en 2011 n’étaient pas dues hasard… ils sont dans le même bateaux et veulent s’en sortir ensemble.
C’est une belle force de caractère qui prouve qu’ils veulent briser cette spirale de défaite le plus rapidement possible, et leur match face à l’Irlande peut leur donner des garanties. Ils ont bien évidemment été dominés par les Irlandais, mais lorsqu’ils ont remis la main sur le ballon, retrouvé leur jeu, ils ont su revenir dans le match et inquiéter les partenaires de O’Driscoll sur la fin. Et c’est sur cette voie qu’ils voudront poursuivre au Stade de France. Il est donc clair que le match à venir s’annonce très compliqué entre deux formations déçues et qui ont un besoin obligatoire de succès.

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A l’image de Mike Phillips, les cadres gallois ne sont certes pas à leur meilleur niveau, mais le talent est toujours présent et peut s’exprimer à tout moment (Crédit photo : Presse Sports)

- On parle du pays de Galles au niveau collectif, mais on en parle également sur le plan individuel. Comment jugez-vous les cadres de cette équipe, loin, voire très loin de leur meilleur niveau ?
C’est difficile. Certes les joueurs gallois ne sont pas à leur meilleur niveau, mais il faut également voir le potentiel des joueurs qui ne jouent pas. On peut prendre l’exemple de Mike Philipps, qui est le cas le plus emblématique. Il a été considéré comme le meilleur demi de mêlée du monde, aujourd’hui il est effectivement loin de son meilleur niveau, mais il reste surtout le meilleur joueur de son pays à son poste. Et pour les autres c’est pareil. Reste qu’au regard de leur qualité et de leur mental, le réveil de ces joueurs peut être brutal, surtout s’ils sont piqués au vif comme ils le sont actuellement.
Derrière avec le talent de joueurs comme Cuthbert, North, Roberts ou Halfpenny, le danger peut venir de partout. La charnière, avec des talents come Hook ou Philipps peut prendre les matches à leur compte. Devant, les Gallois ont toujours été reconnus pour leurs qualités, et des joueurs comme Warburton, Faletau ou Jenkins en sont des preuves éclatantes. Et d’un point de vue global, la combativité de tous ces joueurs n’est plus à prouver. Donc méfiance.

- Pensez-vous donc les Gallois, capables de l’exploit à Saint-Denis ?
On ne sait jamais ce qui peut arriver. Il est clair que les Français vont bien étudier leur défaite en Italie à la vidéo. Bien analyser ce qui n’a pas été pour pouvoir corriger cela face au pays de Galles. Aussi, je suis convaincu de voir au stade de France une équipe française pleine d’envie et soucieuse de gommer les points négatifs entrevus le week-end dernier… mais le doute peut toujours s’installer !
Je le répète, au sortir de la tournée d’automne, nous pouvions nourrir de grands espoirs à l’abord du Tournoi, mais les vieux démons sont revenus très vite, et donc tout peut arriver samedi. Si les Gallois restent au contact, ou mènent rapidement au score, à l’image de l’Italie à Rome, les Français pourraient très bien gamberger ou paniquer et ne pas trouver les solutions. Pour bien connaître cette équipe de France, je la sais capable de mettre 40 points à ces Diables Rouges comme s’incliner à domicile.

- Quelles seront les clés de la rencontre ?
Il est clair qu’il va y avoir un gros coup de projecteur sur la conquête. La mêlée a été bousculée, la touche souvent contrée par un très bel alignement italien… donc l’objectif sera de priver les Gallois de munitions et de conserver les siennes de la meilleure manière possible. Je m’attends donc à voir une équipe française beaucoup plus précise, beaucoup plus appliquée, mais également beaucoup plus prompte dans l’engagement. Les Gallois ont clairement cela pour eux, et si la France ne répond pas à ce niveau, ce sera compliqué.

- Que diriez-vous aux Français après cette terrible désillusion ?
Que la confiance doit toujours être là. Le potentiel de cette équipe est solide, ils sont toujours en apprentissage, et il est évident que la défaite fait partie de cet apprentissage. Le tout est de savoir se relever, et surtout immédiatement. Ils ont une superbe occasion de le faire dès ce week-end à la maison, afin de pouvoir se remettre en selle et d’aller viser des résultats en Irlande ou en Angleterre, ce qui après une défaite en Italie peut devenir difficilement envisageable. Mais avec cette équipe de France, tout est possible, surtout le meilleur, et j’ai une totale confiance en eux pour réagir.

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Dominés dans beaucoup de secteurs face à l’Italie, la France va notamment devoir appuyer sur la conquête face aux Gallois, réputés dans ce secteur (Crédit photo : Presse Sports)

Pour retrouver la Fiche d’Emile NTamack, parrain de la LNR, cliquez ici

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