International L’actu
Par Baptiste LE BEUX, le 29 janvier 2013.

VI Nations - J1, Emile Ntamack : « Les Italiens sont capables de tout ! »

Champion de France à six reprises avec le Stade Toulousain. Vainqueur de trois Coupe d’Europe sous le maillot Rouge et Noir. Sélectionné à 46 reprises avec le XV de France. Vainqueur des Grands Chelem 1997 et 1999. Finaliste de la Coupe du Monde en 1999 en tant que joueur, puis en 2011 comme entraîneur adjoint… Emile Ntamack est un monument du rugby français. Parrain de la Ligue et consultant de lnr.fr à l’occasion des VI Nations 2013, il nous livre ses impressions sur les rencontres du XV de France. Pour ce match d’ouverture, à Rome, s’il estime que les Français ont un temps d’avance sur leur homologues, il faut rester méfiant, car les Italiens sont capables de tout…


- Que vous inspire globalement cette équipe italienne ?
Je dirai que c’est un adversaire qu’il faut de plus en plus prendre au sérieux. Ils sont effectivement rentrés sur la pointe des pieds dans le Tournoi en 2000, mais à force de travail, de confrontations avec les meilleures nations, ils progressent et s’imposent toujours un peu plus dans la compétition. Ils n’ont certes pas encore la régularité pour viser plus haut, mais ils sont capables de battre n’importe qui en Europe sur un match, je suis bien placé pour le savoir.

- Comment analysez-vous ses récents résultats ?
Même si le bilan est équilibré (Ndlr : trois victoires en six matches) les résultats ne sont clairement pas en leur faveur ces derniers temps. Ils ont certes remporté quelques matches, mais ce fut face à des équipes largement à leur portée (Ndlr : Canada (25-16), Etats Unis (30-10) et Tonga (28-26)), mais, et même s’ils ont accroché l’Australie, ils se sont inclinés face aux trois nations majeures qu’ils ont affrontées (Ndlr : Argentine (22-37), Nouvelle Zélande (10-42), Australie (18-21)).
Mais pour être franc, il est très compliqué pour eux de pouvoir être performant à la fois sur le Tournoi et sur les Tournées d’automne. Ce qu’il faut pourtant retenir c’est qu’ils ont déjà fait leurs preuves durant les VI Nations, soit en accrochant régulièrement les autres équipes, soit en battant notamment l’Ecosse, le Pays de Galles et la France. Donc faut-il tenir compte de leur bilan récent ? Je ne pense pas. Il faut avant tout voir que dans le Tournoi, dans leur antre, à Rome, ils sont toujours capables de se surpasser et de créer l’exploit.

- Quels sont les joueurs à suivre ?
Je n’ai pas tout suivi en détail, mais je sais que de nombreux cadres sont encore présents, et on connait bien ces joueurs, à l’image des Castriogiovani, Lo Cicero, Parisse pour devant, Masi, Canale, Orquera derrière. Ils jouent, ou ont joué dans les meilleurs clubs européens, ils disputent ou ont disputé les grands championnats, les Coupe d’Europe… il y a du talent et de l’expérience.
Par ailleurs, une page se tourne tout de même avec la disparition du groupe de joueurs emblématiques comme les frères Bergamasco, qui laissent la place à une nouvelle génération. Une génération enthousiaste, pétrie de qualités, et parfaitement incarnée par le jeune centre de Trévise Benvenuti qui a été excellent cet automne.

- Pensez-vous que le fait que ce soit un Français qui coache les Italiens à l’heure d’affronter les Bleus soit un avantage ?
Je ne sais pas si le fait que ce soit un Français qui soit aux commandes soit un avantage, que ce soit Jacques Brunel, certainement. Il connait parfaitement le rugby français pour avoir été champion de France avec Perpignan, mais également pour avoir été longtemps l’adjoint de Bernard Laporte pour le XV de France… tout est dit !

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Pour Emile Ntamack, les Italiens sont capables de tout, à l’image du talentueux jeune centre de Trévise, Benvenuti (Crédit photo : Presse Sports).

- Les Italiens sont-ils selon vous capables de créer l’exploit ?
Les Italiens sont capables de tout sur un Tournoi, donc il faut les prendre extrêmement au sérieux. On ne s’assure pas de match facile quand on se déplace à Rome, c’est la même chose qu’un déplacement en Angleterre, en Irlande, au Pays de Galles ou en Ecosse. Il faut préparer le match le plus sérieusement du monde et parfaitement respecter son adversaire, sinon la désillusion est énorme. Je le répète, les joueurs italiens jouent dans les meilleurs clubs européens, leurs meilleures équipes disputent la Ligue Celte et les Coupe d’Europe, donc la qualité est présente, et il faut le prendre en compte.

- Et d’enchainer ?
Il y a quelques années, je le pensais, aujourd’hui moins. Il y a eu un changement de staff la saison passée, le groupe opère une mutation, donc c’est forcément plus compliqué d’aborder une compétition de la sorte qu’avec des certitudes. Mais il est clair que leur préparation pour la prochaine Coupe du Monde, qui est l’objectif annoncé, passe par des victoires, que ce soit durant le Tournoi, bien évidemment, l’autre objectif, mais également lors des Tests Matches.
La volonté d’atteindre deux victoires dans la compétition comme en 2007, voire faire mieux, passe obligatoirement par un succès face à la France en ouverture. C’est le premier point, ils y sont déjà parvenus, ils feront tout pour que cela se reproduise. Après, il faudra dominer une autre formation, ce qui a déjà été le cas par le passé. Seules l’Angleterre et l’Irlande n’ont pas encore perdu dans les VI Nations face à l’Italie, mais elles ne sont pas à l’abri, les autres ont déjà subi la loi des Transalpins, donc pourquoi pas…

- Quels sont les pièges à éviter pour la France ?
Les confrontations entre la France et l’Italie sont toujours attendues, car opposant deux formations latines dans une compétition où il émerge naturellement plus d’équipes britanniques, et du coup, elles sont toujours un peu particulières. L’affect, est plus présent, la pression peut-être aussi. Il faut donc se méfier de ce premier danger.
Après, la chance de la France vient du fait qu’elle n’a pas eu de matches à disputer juste avant. Enchainer immédiatement après les très bons résultats de l’automne aurait pu être délicat, là, un certain laps de temps s’est écoulé, on repart sur un nouveau challenge. Je ne dis pas qu’il est aisé de débuter un tournoi, au contraire, mais je trouve que le contexte reste à l’avantage des Français.
Pour ce qui est du jeu à proprement parler, il faudra avant tout se méfier de la force de conquête des Italiens, que ce soit en mêlée avec des joueurs comme Castrogiovani ou Lo Cicero, ou en touche avec les qualités de Parisse. Ces joueurs italiens mettront l’accent ici, ils voudront imposer un gros combat aux Français et il faudra être capable de répondre présent.
Mais pour être très franc, et sans faire injure aux Italiens, il est évident que les Français possèdent un certain temps avance sur leurs adversaires. La ligne de trois-quarts a atteint sa pleine maturité, la charnière joue juste, les ailiers ou l’arrière peuvent créer du danger à n’importe quel moment, les qualités du pack français ne sont plus à prouver… mais bon, pour que tout se mette en place, il faut des munitions. Mais si les Bleus sont sérieux, appliqués sur les bases et donc efficaces en conquête, il y a peu de risques.

- La défaite des Bleus en Italie pour leur dernier déplacement (22-21 en 2011) aura-t-elle un rôle traumatisant, au contraire motivant, ou est-ce finalement de l’histoire ancienne ?
Même si ce n’est pas vieux, et que certains joueurs présents cette année étaient de l’aventure en 2011, c’est de l’histoire ancienne. Je me souviens que la préparation d’avant match n’avait pas été optimale. J’avais senti des joueurs pas concernés comme ils auraient dû l’être, bercés par un tournoi déjà débuté depuis quelque temps et entaché par une défaite en Angleterre lors de la journée précédente (Ndlr : revers 9-17 à Twickenham). Là c’est un début de compétition, tout est à construire, et un échec anéantirait toutes les possibilités de victoire finale. D’autant qu’avec un tournoi moyen l’an passé (Ndlr : la France avait terminé la compétition à la 4ème place), tout le monde aura à cœur de faire oublier cette contre-performance. Je suis persuadé de voir sur la pelouse des joueurs concentrés, motivés et appliqués. Et je fais confiance à Philippe Saint-André pour mener les troupes vers la victoire.

- Que diriez-vous aux Bleus avant ce match d’ouverture ?
(Rires) Comme on dit en Italie, FORZA ! Je leur dirai également que j’ai confiance en eux pour remporter ce match.

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... il avoue toutefois que les Bleus ont un temps d’avance sur leurs homologues pour se sortir du piège. Aussi, il fait confiance aux joueurs et à Philippe Saint-André pour revenir de Rome victorieux. (Crédit photo : Presse Sports)
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