International Tests Matches
Par Baptiste LE BEUX, le 6 novembre 2013.

Tournée, France - Nouvelle-Zélande - Emile NTamack : « Côtoyer ce qui se fait de mieux au monde »

A l’occasion de la tournée d’automne, lnr.fr donnera la parole à son consultant Emile NTamack pour donner son avis sur les matches à venir et disséquer les rencontres disputées. Avant la première sortie des Bleus face à la Nouvelle-Zélande, l’ancien ailier ou centre international nous avoue son admiration des Blacks qui pour lui, sont et seront toujours une référence de ce jeu. Pour lui, affronter la Nouvelle-Zélande revient à côtoyer ce qui se fait de mieux… mais de fait, il faut tout donner et ne rien avoir à regretter. Entretien.


La tournée d’automne débute par la Nouvelle-Zélande, parlons donc des All Blacks pour commencer. Que vous inspire cette équipe d’une manière générale ?
Les Blacks sont, ont toujours été et seront toujours une référence mondiale de ce jeu ! C’est toujours un choc, un test significatif d’affronter les Blacks, car on ne prépare jamais ce match comme un autre test, car pour l’équipe qui les joue, c’est côtoyer ce qui se fait de mieux au monde. Les Blacks sont Champions du Monde en titre, mais, philosophiquement, ils peuvent également prétendre à cette distinction sur l’ensemble de l’histoire de ce sport.

Comment analysez-vous l’état de forme actuel de la Nouvelle Zélande ?
De tous temps, la Nouvelle-Zélande a été considérée comme la meilleure équipe de rugby du monde, seulement cela ne se traduisait pas par des titres lors des grands rendez-vous, hormis en 1987. Cela faisait donc longtemps, trop longtemps pour eux, qu’il fallait concrétiser ce statut par un nouveau titre. Ils l’ont fait, qui plus est chez eux, et depuis ils sont inarrêtables (Ndlr : 11 victoires consécutives, une défaite lors de leurs 32 derniers matches, il y a un peu moins d’un an lors de la Tournée d’automne 2012, 21-38 en Angleterre).
Ils ont à cœur de défendre ce titre, et du coup, ils sont énormes à chaque sortie, nous avons pu le constater lors du dernier tri Nations avec six victoires en autant de matches et des bonus à la pelle (Ndrl : 4). On peut donc dire que la forme actuelle est très bonne ! C’est une équipe en pleine confiance, qui en plus de s’appuyer sur des cadres en pleine forme, a su incorporer de jeunes talents, apporter de la fraîcheur, et être de fait encore plus dangereuse.

JPEG - 110.4 ko
Avec trois défaites en trois matches en Nouvelle Zélande cet été, la France a manqué sa Tournée. Pour autant, il y a du positif à retenir et il faut capitaliser dessus. (Crédit photo : Presse Sports)

Revenons sur la Tournée d’été et les trois défaites des Bleus en Nouvelle-Zélande justement. Quelle est votre analyse sur ces trois matches ?
Le constat négatif est forcément flagrant, car les trois matches se sont soldés par des défaites. Celles-ci ont été logiques car les Français ont beaucoup pêché dans l’efficacité, ils n’ont pas su mettre les Néo-zélandais en difficulté lorsque ceux-ci étaient moins bien. Mais pour relativiser les choses, les Bleus sortaient d’une période difficile avec un Tournoi des VI Nations manqué, et peut-être, certainement même, que cela pesait dans les têtes, les garçons n’ont sûrement pas pris les risques qu’il aurait fallu prendre.
Voilà pour l’aspect négatif, parlons maintenant des bonnes choses car il y en a eu. S’il y a eu des défaites, les physionomies de match pouvait laisser rêver à autre chose, notamment lors du premier test. J’ai vu des mecs s’envoyer, proposer des choses très intéressantes, avec notamment de belles aptitudes à rivaliser avec les Blacks dans le combat, la création. Ça n’a pas fonctionné, il faut maintenant passer à autre chose, ne plus se poser de questions. Et recommencer face à la Nouvelle Zélande justement est une occasion rêvée de tourner la page.

Quatre mois plus tard, pensez-vous que cela ait laissé des traces ?
Forcément car on ne peut pas faire table rase du passé. En revanche, il ne faut pas que cet échec devienne un handicap. Il va falloir gommer les erreurs qui ont été faites en Nouvelle-Zélande, tout en capitalisant sur toutes les bonnes choses qui ont été entrevues. La question est de savoir si les Bleus en sont capables.
Les joueurs ont deux mois de compétition dans les jambes, ils ont eu à disputer des matches de haut niveau, notamment avec la Coupe d’Europe, mais désormais, c’est encore un échelon au-dessus. Mais de toute manière, tous les ingrédients sont réunis, nous sommes en France, au Stade de France, on joue les Blacks, qui sont champions en titre, alors on se doit de tout donner. Il faut sortir la tête haute, ne pas avoir de regrets, que la victoire soit au rendez-vous ou pas.

Que pensez-vous du groupe retenu ?
C’est somme toute un groupe sans surprises, qui se base sur des joueurs qui ont donné satisfaction au staff, que ce soit en club ou en équipe de France. Il y a une expérience de vie commune solide, des bases communes et des automatismes existants, donc pas de grande nouveauté. Mais de toute façon, comme pour chaque sélection, les meilleurs sont là.

JPEG - 116.4 ko
Pour Emile Ntamack, la paire Toulousaine Huget - Médard est l’un des principaux atouts du XV de France. (Crédit photo : Presse Sports)

Quels sont les joueurs à suivre côté français ?
Sans tomber dans du chauvinisme toulousain, je mettrais en avant le duo Médard – Huget. Ce sont des dynamiteurs, ils sont très souvent inspirés, toujours au rendez-vous en championnat, et ont rarement déçu en sélection. Après seront-ils titulaires ? Auront-ils suffisamment de ballons pour s’exprimer ? Je l’espère, car ils montrent qu’en osant, on peut faire de belles choses.
Ensuite je suivrai de près la charnière, car c’est un élément clé d’une équipe, et il y a plusieurs interrogations. Pour le poste de demi de mêlée, il y a le retour de Parra qui est incontestablement revenu sur le devant de la scène, Jean-Marc Doussain qui est toujours constant. Ensuite à l’ouverture, qui de Lopez ou de Talès portera le jeu tricolore ? Ils réalisent de bons matchs en championnat, ils ont montré de belles choses lors de la tournée d’été, ils savant également ce qu’ils doivent faire pour être au niveau face à de telles équipes. Cette rencontre devrait être riche en enseignements.

Côté néo-zélandais ?
On pourra toujours sortir les grands noms qui composent cette équipe car ils sont toujours au rendez-vous, mais cette équipe a su faire émerger de nouveaux talents, à l’image de Ben Smith qui est simplement énorme dans tout ce qu’il fait. Mais il est vrai que la Nouvelle-Zélande peut s’appuyer sur une ossature phénoménale.
Il y a la solidité de Nonu qui est toujours un atout énorme. Ils possèdent le meilleur ouvreur du monde en la personne de Dan Carter, quand ce n’est pas lui c’est Aaron Cruden qui tient parfaitement la baraque, et sinon, c’est la nouvelle pépite, Beauden Barrett… donc de la qualité encore et encore. Et que dire de Richie McCaw ! Après les voyages de Gulliver, il est revenu de son année sabbatique et on dirait qu’il a 20 ans. Il a plus de 100 matches au compteur, et il a dû en perdre une dizaine, à peine plus (Ndlr : 121 sélection pour 13 défaites, 1 nul et 107 victoires), ça vous situe le bonhomme !

JPEG - 100.5 ko
Si la Nouvelle Zélande possède des joueurs exceptionnels à tous les postes, Emile Ntamack apprécie tout particulièrement l’ailier ou centre Ben Smith, qui selon lui, est énorme dans tout ce qu’il fait. (Crédit photo : Presse Sports)

A quel type de match vous attendez-vous samedi ?
Ça dépendra des conditions. Si le temps n’est pas parfait, cela peut faire le jeu de la France. A l’inverse, les Blacks feront forcément ce qu’ils savent le mieux, à savoir jouer. Ils supplantent leurs adversaires en termes de vitesse, de communication, de création, de puissance… donc ils ne s’en priveront pas. Il faudra donc savoir les faire douter et c’est possible. Si les Blacks sont en pleine confiance, ils ne savent jamais de quel pied se sont levés les Français, et nous savons par tradition que la France a toujours su créer l’exploit face à cette équipe, surtout lorsque l’on s’y attendait le moins.

D’un point de vue plus personnel, quel est votre meilleur souvenir face aux Blacks ?
Il y en a plusieurs. Le premier serait la tournée de 1994 où nous remportons nos deux tests (22-8 à Auckland et 23-20 à Chistchurch) avec lors du deuxième match le mythique essai du bout de monde de Jean-Luc Sadourny. Il y avait une ambiance extraordinaire et pour être franc, j’étais jeune à l’époque et je ne me rendais pas tout fait compte de ce que nous avions réussi à faire. Maintenant, avec le recul, et au regard de l’hégémonie des Blacks sur le rugby, on se rend bien compte de ce que cela représente.
Après il y a forcément la demi-finale de Coupe du Monde de 1999 (Ndlr : victoire française 43-31). C’est une demi-finale de Coupe du Monde, face aux Blacks, à Twickenham où nous avons une fois n’est pas coutume le soutien du public anglais, nous sommes menés à la mi-temps, nous allons chercher cette victoire avec des essais fantastiques… tous les ingrédients étaient réunis. Et puis il y a aussi cette victoire en 95 à Toulouse (Ndlr : succès 22-15), nous étions plusieurs Toulousains dans l’équipe, nous gagnons sur nos terres, devant notre public. Un superbe souvenir !
Mais pour être très franc, affronter les blacks est toujours un moment particulier, un souvenir qui reste gravé dans la tête. En plus si tu gagnes, c’est phénoménal. Je suis un peu un privilégié car j’ai joué six fois face à la Nouvelle Zélande, et j’ai gagné quatre fois… ça fait forcément plaisir.

Le pire ?
Tout le monde s’attend à ce que je dise la finale de la dernière Coupe du Monde (Ndlr : défaite 7-8), mais ce n’est pas le cas. Au-delà de la défaite sur le fil, méritée ou non, il n’y a pas de regrets, nous avons fait ce que nous devions faire, ce n’est pas passé, tant pis. Ça reste cependant un bon souvenir, car cela a clos une aventure difficile et exceptionnelle.
Par contre je dirai que le pire moment face aux Blacks c’est quand la machine se met en marche. Pour l’avoir vécu en 1999 chez eux (Ndlr : défaite de la France 54-7 à Wellington), ça fait mal. Nous étions rentrés sur le terrain avec beaucoup d’envie, nous avions mis beaucoup d’intensité, jusqu’à ce qu’ils accélèrent. Tout va alors plus vite, tout fait plus mal, les essais s’enchaînent, tu es sans armes, tu deviens un junior qui joue face à des seniors. Tu es acteur du match de par ton statut d’adversaire, mais tu deviens spectateur de leur jeu tant tu ne peux plus rien faire… c’est très dur mais magnifique à la fois.

Retrouvez la fiche d’Emile Ntamack parrain de la LNR, ici

JPEG - 53.9 ko
Emile Ntamack, ici devant Jonah Lomu, a participé à la fameuse tournée victorieuse de 94, ponctuée par l’essai du bout du monde inscrit par Jean-Luc Sadourny. Le meilleur souvenir de l’ancien ailier international face aux Blacks. (Crédit photo : Presse Sports)
L'actu rugby en vidéo
Toutes les vidéos

SUIVEZ-NOUS Flux RSS Icône RSS

 

CLASSEMENTS Afficher le classement Replier le classement

Ligue Nationale de Rugby - logo top 14 orange
9ème journée du 10 au 12 octobre
pts
1 1
Clermont
31
-1 2
Toulon
28
2 3
Bordeaux
27
0 4
Montpellier
26
1 5
Paris
26
1 6
Grenoble
24
-4 7
Racing Metro
24
3 8
Toulouse
18
3 9
Lyon
17
-2 10
Bayonne
17
-2 11
La Rochelle
15
-2 12
Castres
15
0 13
Brive
14
0 14
Oyonnax
12

Détails du classement

Ligue Nationale de Rugby - logo prod2
8ème journée du 18 au 19 octobre
pts
0 1
Pau
35
2 2
Perpignan
23
-1 3
Béziers
22
5 4
Agen
21
5 5
Montauban
19
-1 6
Mont-de-Marsan
19
-1 7
Albi
19
-5 8
Carcassonne
19
-2 9
Biarritz
17
-2 10
Aurillac
17
1 11
Colomiers
17
1 12
Massy
15
-2 13
Tarbes
14
2 14
Bourgoin
13
0 15
Narbonne
13
-2 16
Dax
9

Détails du classement

 
Pariez sur le TOP 14 et la PRO D2 avec notre partenaire Logo PMU.fr

CALENDRIERS / RÉSULTATS Afficher le calendrier Replier le calendrier

Ligue Nationale de Rugby - logo top 14
 
Ligue Nationale de Rugby - logo prod2
 
Calendrier général TOP 14 2014-2015
←← →→
Voir tout le calendrier