International Coupe du monde 2011
Par Baptiste LE BEUX, le 20 octobre 2011.

Coupe du Monde, finale : comme à l’origine…

24 ans après la première finale de la Coupe du Monde en Nouvelle-Zélande, Blacks et Bleus s’apprêtent à disputer un remake rêvé, toujours à l’Eden Park d’Auckland. Si les Néo-Zélandais attendus à ce niveau de la compétition ont tenu leur rang, les Tricolores ont soufflé le chaud et le froid, durant ce Mondial, mais obtenu l’essentiel, atteindre la finale. Objectif historique pour les deux équipes. Remporter la compétition pour la deuxième fois de l’histoire pour les Océaniens et rejoindre Aussies et Boks au palmarès des équipes les plus titrées. Soulever « Bill » pour la première fois pour les Européens, et entrer au panthéon du rugby mondial…

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En 1987, lors de la première coupe du Monde, David Kirk et ses hommes dominaient les Bleus 29-9 à l’Eden Park pour devenir les premiers champions du Monde de rugby de l’histoire. (Crédit photo : Presse Sports)

A l’origine, la première Coupe du Monde de rugby s’est déroulée en Nouvelle Zélande… A l’origine, Néo-zélandais et Français s’étaient retrouvés en finale de la compétition à l’Eden Park d’Auckland… A l’origine, les Blacks l’avaient emporté 29-9… Comme à l’origine, Océaniens et Européens se retrouvent en finale de l’édition 2011… Comme à l’origine toujours au pays au long nuage blanc… Comme à l’origine toujours dans la mythique enceinte de l’Eden Park, lieu de tous les exploits néo-zélandais… Comme à l’origine… Non ! Il faut espérer, même en rendant hommage aux joueurs à la tunique noire, que l’issue soit diamétralement opposée à celle d’il y a 24 ans, et que les hommes de Marc Lièvremont brandiront la première Coupe du Monde du rugby français !

Sur le papier, l’avantage est irrémédiablement en faveur des Néo-zélandais, lors de leur Coupe du Monde, dans leur antre fétiche de l’Eden Park… Irrésistibles en phases de poule avec 4 victoires bonifiées, proposant la meilleure attaque de la compétition avec 240 points inscrits et 36 essais marqués, les Blacks ont écrasé la concurrence et posé les jalons d’une voie triomphale. Pourtant, à l’abord des phases finales, le destin semblait vouloir s’acharner sur les hommes en noir. Le forfait de l’idole de la nation Carter, suivi de ceux de Slade et Muliaina (qui fêtait face à l’Argentine en quart sa 100ème sélection), l’incertitude planant sur McCaw et une blessure au pied récurrente… autant d’accrocs dans le plan de route de Graham Henry.

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Lors du match de poule, à l’image de Piri Weepu faisant chavirer Louis Picamoles, les Blacks avaient largement dominé la France 37-17. (Crédit photo : Presse Sports)

Des accrocs sans importance au regard du parcours de ses troupes, aujourd’hui finalistes et à 80 minutes (ou plus) du bonheur suprême. Accrochée en quarts par l’Argentine durant 60 minutes, la Nouvelle-Zélande a fini par faire exploser les Pumas en fin de rencontre (33-10) avant d’imposer une superbe maîtrise aux voisins australiens en demi-finale (20-6). Promesse tenue, les All Blacks joueront bien leur finale, mais le plus dur commence. Ils n’ont absolument plus le droit à l’erreur à une petite rencontre du sacre, d’autant plus face à la France qu’ils ont largement dominée en phase de poule (37-17). Tous les critères sont réunis pour que le rêve de tout un peuple se réalise enfin, rejoindre les troupes de David Kirk, capitaine des champions du Monde 87, toujours imités par leurs descendants mais jamais égalés. Jamais les Blacks n’ont été aussi près de récidiver !

Certes orphelins de leur maître à jouer, ils ont des arguments à faire valoir. La puissance du 5 de devants, d’où émergent les grognards Mealamu, Thorne ou Williams a mis tout le monde au supplice… La formidable troisième ligne (Kaino - Ried- McCaw) a écoeuré tous ses adversaires… l’éclosion de Piri Weepu comme « Monsieur à tout faire » de cette équipe est arrivée au bon moment… Cruden a su prendre ses responsabilités… la complémentarité de la paire de centre Nonu – Smith fait des merveilles… le talent de Jane et Dagg fait trembler toutes les défenses de la planète… sans oublier l’impact player Williams, appelé à rendre service en cours de match. Vu comme cela, il y a de quoi s’interroger… qui peut véritablement enrayer cette machine ?

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Israel Dagg, échappant acrobatiquement à Quade Cooper lors de la demi-finale remportée 20-6 sur l’Australie, et c’est la Nouvelle Zélande qui prend son envol vers la finale de sa coupe du Monde ! (Crédit photo : Presse Sports)

La France tout simplement ! Non pas parce qu’elle est la seule formation à pouvoir encore le faire, mais parce qu’elle est capable de tous les exploits, preuve en est, malgré un parcours chaotique, elle a au final su franchir tous les obstacles pour s’offrir une finale inattendue. Certes, historiquement il n’y a pas photo, les All Blacks présentant un bilan bien plus garni que les Bleus lors des confrontations directes avec pas moins de 37 victoires en 50 matches ! Ceci dit, les Bleus ont toujours été capable de sortir « LE » match qu’il fallait face aux Océaniens, et notamment en Coupe du Monde. Bien sûr, et comme cette finale en est le remake, tout le monde a en mémoire la défaite de 87, mais rappelons aussi et surtout pour garder espoir, que par deux fois, la France a su écarter les Blacks de la course au titre. Une première fois en 1999 et en demi-finale à Twickenham, au terme d’un match épique et remporté 43-31. Une seconde fois lors du dernier mondial, au terme d’un quart angoissant à Cardiff, et gagné sur le fil 20-18. Les Bleus en sont donc capables…

Ils sont capables de tout d’ailleurs, et leur parcours en est la preuve la plus criante. Première équipe de l’histoire à atteindre la finale en ayant perdu deux matchs de poule (précédemment, seule l’Angleterre avait atteint ce niveau avec une défaite dans leur bilan, face à la Nouvelle Zélande en 1987 (12-18) et l’Afrique du Sud en 2007 (0-36)), la France est loin d’avoir marqué les esprit sur le jeu proposé… sur le jeu seulement, car au niveau du mental et de la solidarité, les succès à l’arrachée en quart sur l’Angleterre (19-12) puis surtout en demi-finale face au Pays de Galles (9-8) sont des gages d’espoir. Revenus du diable vauvert, le XV de France a à nouveau prouvé qu’impossible n’était pas français.

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En demi-finale, face au pays de Galles, pourtant réduit à 14 pendant une heure, les Bleus ont beaucoup souffert pour arracher leur billet en finale (victoire 9-8). Mais à l’image de la volonté affichée par Lionel Nallet, le mental des Bleus a fait merveille... cela suffira-t-il ? (Crédit photo : Presse Sports)

Croyons-y, car nous le disions plus haut, si tous les critères donnent aux Blacks un avantage indéniable, l’inverse peut être tout aussi vrai, et provoquer une pression à laquelle même les plus expérimentés joueurs pourraient succomber. Nous pourrons tourner et retourner la question dans tous les sens, la seule réponse viendra du terrain ce dimanche, à partir de 10h du matin chez nous en France. Et tout est possible. De par leur maîtrise, les Blacks mériteraient d’être sacrés, du fait qu’ils sont capables de tout, les Bleus aussi. Quoiqu’il en soit, cette finale sera historique. Si les Blacks l’emportent, ils rejoindront l’Australie et l’Afrique du Sud au palmarès des formations sacrées à deux reprises (en 1991 et 1999 pour les Wallabies, en 1995 et 2007 pour les Springboks). Si c’est la France, elle soulèverait « Bill » pour la première fois de son histoire après deux tentatives avortées (en 1987 et 1999) et offrirait à l’Europe un second sacre après celui de l’Angleterre en 2003.

Si les All Blacks imposent le respect le plus fort à tous les amateurs de ballon ovale, Un peu de chauvinisme ne sera pas malvenu. Alors rêvons pour que la finale de 87 soit effacée des tablettes et que l’histoire ne se répète pas… ou si, comme par un soir de juillet 1994, quand la France avait dominé la Nouvelle Zélande à Auckland 23-20, pour ce qui est à ce jour le dernier revers des Blacks dans leur antre de l’Eden Park !

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3 juillet 1994, la France d’Emile NTamack (aujourd’hui dans le staff tricolore) domine la Nouvelle Zélande de Jonah Lomu à Auckland 23-20, pour ce qui est à ce jour le dernier revers des Blacks dans leur antre de l’Eden Park. Rêvons que les hommes de Marc Lièvremont, comme leurs prédécesseurs, viennent à bout de l’armada Black pour remporter la première coupe du Monde du rugby français. (Crédit photo : Presse Sports)

LES EQUIPES

Nouvelle Zélande : Dagg - Jane, Smith, Nonu, Kahui - (o) Cruden, (m) Weepu - McCaw (cap.), Read, Kaino - Whitelock, Thorn - O. Franks, Mealamu, Woodcoock
Remplaçants : Hore, B. Franks, A. Williams, Thomson, Ellis, Donald, SB Williams.

France : Médard - Clerc, Rougerie, Mermoz, Palisson - (o) Parra, (m) Yachvili - Bonnaire, Harinordoquy, Dusautoir (cap.) - Nallet, Pierre ; Mas, Servat, Poux.
Remplaçants : Szarzewski, Barcella, Pierre, Ouedraogo, Doussain, Trinh-Duc, Traille.

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