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Par Nicolas LAVALLEE, le 3 janvier 2012.

Questions/Réponses à… Emile Ntamack

Champion de France à six reprises, trois fois champion d’Europe avec Toulouse, sélectionné 46 fois et auteur de 135 points en équipe de France, Emile Ntamack était le co-entraîneur de l’équipe de France vice-championne du monde aux côtés de Marc Lièvremont et Didier Retière. Co-fondateur du syndicat du joueur, la « Panthère noire » était notre invité exceptionnel pour le mois de décembre. Il a répondu à vos questions…



Pierre P. : « Comment avez-vous vécu toutes les critiques qui se sont abattues sur vous lors de la coupe du Monde ? Est-ce déstabilisant ou est-ce que dans ces cas-là on arrive à faire abstraction ? »
Emile Ntamack : « Nous n’avons pas eu d’autre choix que de nous replier sur nous-mêmes. Après notre prise de fonction, nous avons rapidement découvert que les médias étaient « patriotiques » et qu’ils nous soutenaient. Je dis cela ironiquement bien sûr. Mais on s’est aussi rendu compte qu’il y avait un décalage entre l’opinion d’une certaine presse, et les amateurs de rugby, notamment les supporters de rugby présents en Nouvelle-Zélande, et ceux croisés tout au long de notre préparation. Les critiques, il a fallu s’en accommoder, faire front même si on aurait préféré d’autres rapports et un soutien plus ferme.

Laëtitia V. : « Qu’est-ce qui vous a le plus blessé de la part des médias ? »
Emile Ntamack : « Tout ce qu’on faisait était remis en cause : le choix des joueurs, les activités extra-sportives, le contenu des entraînements, des joueurs trop distants, tout ! On avait le sentiment que quoiqu’on fasse ce ne serait jamais bien. Que l’on fasse le bilan au sortir de la mission, pas de problème c’est normal. Mais là on tirait sur l’ambulance avant même la coupe du Monde. Et après on a pu voir que certains retournaient leur veste. De l’extérieur, il est normal qu’on se pose des questions mais il n’y a pas de hasard si on se retrouve en finale et qu’on livre une telle copie. Bien sûr, il faut de la réussite, un coup de pouce mais c’est une donnée intégrante à la réussite sportive, et cela se provoque aussi. On dit bien que la chance sourit aux audacieux. »

Mickaël, 11 ans : « Les joueurs de l’équipe de France ont-ils un bon caractère ? »
Emile Ntamack : (Rires) « J’ai trouvé des joueurs très respectueux des consignes, des plans de jeu, de la vie en collectivité. Evidemment, il y a des égos plus forts que d’autres, mais ce sont aussi ceux-là qui permettent de faire avancer une équipe. Nous avons eu des discussions houleuses, mais j’estime que là aussi c’est inhérent à la vie en groupe. Les joueurs de rugby sont des gens qui ont des valeurs de respect et, en tant qu’entraîneur, c’est bien pour travailler. »

Michel A. : « Quel est le joueur français avec lequel vous avez joué et qui vous a le plus impressionné et pourquoi ? »
Emile Ntamack : (Après un temps de réflexion) « Je dirai Jean-Luc Sadourny. C’était un joueur formidable sur le terrain, et je regrette qu’il n’ait pas eu l’intérêt médiatique que son talent mérite. Il est certes effacé et reste humble mais sur le terrain c’était un sacré joueur. Il est dans la lignée d’un Serge Blanco. C’était une vraie machine. On n’atteint pas les 71 sélections comme arrière par hasard. Il avait un talent incroyable, et était encore dans le rugby à l’ancienne avec des valeurs simples. Il ne se mettait pas en avant. Il est pareil dans la vie. Jean-Luc Sadourny est de la race des grands arrières mondiaux. »

Olivier B. : « Je cherche des adresses d’ouvrage et/ou de vidéos sur la technique individuelle sur les passes à la main et le jeu au pied (buter, droper, passer, dégager…). Pouvez-vous me renseigner ? »
Emile Ntamack : « Il existe de nombreux ouvrages et vidéos. Il est aussi possible de trouver des conseils sur Internet, mais les référents on se les construit. Il est important de regarder ce qui existe et de se l’accaparer. De l’adapter à ses ambitions, aux qualités de ses joueurs et de son groupe. Le jeu au pied c’est beaucoup de travail, de ressenti. Vous savez, j’entraîne les Benjamins du Stade Toulousain et il m’arrive de leur faire faire les mêmes exercices qu’en équipe de France. C’est juste adapté à leurs capacités. Après, c’est du travail assez « bête » de répétition de phases de jeu. »

Jean S. : « Que pensez-vous de l’évolution du rugby ? On a le sentiment d’une individualisation plus importante qu’avant concernant les joueurs. Est-ce votre avis ? »
Emile Ntamack : « Dans la préparation physique il est vrai que nous prenons de plus en plus en compte la préparation individuelle. On n’est pas encore au niveau de l’athlétisme, mais on se rend compte que la préparation individuelle rejailli sur le comportement de l’équipe. Tenir compte des rythmes de chacun, de ses capacités, c’est permettre à l’équipe de progresser. »

Alexandre B., Clément P., Laurent E., Frédéric C. : « Allez-vous continuer d’entraîner ? Que devenez-vous ? »
Emile Ntamack : « Pour le moment je me donne du temps. Je prends même le temps de ne pas m’engager, ce qui est un luxe. Pendant 4 ans j’ai vécu les choses intensément alors je me donne jusque la fin de la saison pour me poser. Je ne vous cache pas avoir reçu des propositions de clubs ou d’équipes nationales, mais je n’aime pas faire les choses dans l’urgence. Si je m’engage c’est sur un projet précis, avec une idée de jeu définie, une ligne directrice et la possibilité de travailler avec le temps nécessaire pour réussir.
J’entraîne les Benjamins du sStade Toulousain et cela me va très bien après la coupe du Monde. J’aime bien m’occuper des enfants. »

Antoine di M. : « Pourquoi ne plus avoir sélectionné Mathieu Bastareaud et lui avoir préféré Fabrice Estebanez ? »
Emile Ntamack : « Je ne m’exprimerai pas sur des choix d’invidus mais sachez que sélectionner quelqu’un est un processus très complexe. Je comprends que l’on préfère un joueur du club que l’on aime, que l’on ait un coup de cœur sur un joueur qui vient de réaliser une grosse performance mais nous on doit choisir celui qu’on estime être le meilleur. Et, pour cela, on voit et décortique tous ses matchs, toutes les situations dans lesquelles il s’est retrouvé, et comment il s’est comporté. Ce que l’on recherche c’est le potentiel. C’est difficile car nous sommes aussi influencés par des tendances, mais on doit rester le plus objectif possible, et être capables de dire ce joueur m’intéresse plus qu’un autre.
Dans un second temps, lorsque deux joueurs ont un profil technique équivalent, on doit aussi voir comment celui-ci va s’impliquer dans la vie d’un groupe lors de la compétition, sur le terrain, mais aussi en dehors. Evidemment, cela reste sujet à critique mais nous on doit trancher. Lorsque vous devez passer 4 mois avec quelqu’un vous n’allez pas choisir de le faire avec un « pénible » ou un « boulet », une personne qui va mettre en péril la vie du groupe. Mais cela n’a pas été le cas avec les joueurs que nous convoquions. »

Clément P. : « Allez-vous devenir entraîneur de l’équipe première du Stade Toulousain ? »
Emile Ntamack : « Non. Ce n’est pas d’actualité. Bien sûr, j’aimerai bien mais le Stade Toulousain possède des entraîneurs de très grande qualité. Si cela doit se faire, cela se fera. »

Jean-Pierre G. : « Vous chaussez du combien ? »
Emile Ntamack : (Rires) « du 45 ! »

Jérôme S. : « Avez-vous encore envie d’entraîner ? Seriez-vous capable d’entraîner en PRO D2 ? »
Emile Ntamack : « Entraîner en PRO D2 ne me poserait aucun problème, j’entraîne bien en Benjamin avec plaisir ! Ce n’est pas le niveau du club qui m’intéresse, c’est le projet. Je marche aussi à l’affectif. Pour moi, le rugby ce n’est pas alimentaire. Je ne le fais pas pour de l’argent, je le fais pour m’amuser. Parce que c’est ma vie et ma passion. »

Mélanie D. : « Avez-vous revu la finale ? »
Emile Ntamack : (Soupirs) « J’ai vu des extraits à mon corps défendant. Lors d’une réception la finale repassait en boucle mais la revoir ce serait trop douloureux. C’est un match perdu. Et lorsqu’on a été un acteur de ce type de rencontre on analyse les choses : à tel moment on aurait dû faire ceci, là ce joueur aurait dû faire ça, etc. La revoir et se dire qu’on a raté certaines choses c’est difficile à vivre. Je ne suis même sûr que je l’aurai regardée si on l’avait gagnée. Mais on l’a perdue… »

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