Animation du site Fourre tout Colloque stades
Par Baptiste LE BEUX, le 12 octobre 2010.

Stade « vert », l’objectif recherché

Alors que l’écologie est désormais au centre de nombreux débats, le sport n’échappe pas à la règle. Depuis plusieurs années, le stade, est devenu un véritable cheval de bataille pour tous les acteurs, afin de le rendre propre, écologique, et respectueux de son environnement. Diminuer l’électricité, récupérer l’eau, gérer les les déchets, est devenue monnaie courante, et cette philosophie, loin d’interroger, séduit les différentes parties concernées : clubs, partenaires, municipalités, qui en font aujourd’hui un véritable leitmotiv.

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Les panneaux photovoltaïques de la tribune Bernard Goutta de Perpignan

Si à l’étranger la pratique est d’ores et déjà bien ancrée, avec des actions appuyées en Allemagne à Stuttgart, en Angleterre à Old Trafford, en Irlande à l’Aviva Stadium (l’ancien Lansdowne road), l’idée a fait son chemin dans l’hexagone, et tous les projets de construction ou de rénovation prennent ces nouveaux critères en compte. Geoffroy Guichard à Saint-Etienne et le Stade des Alpes de Grenoble sont déjà passés au vert, et vont être rejoint par les projets havrais et lyonnais.

Mais loin de ne concerner que le ballon rond, cette nouvelle philosophie touche désormais le rugby. De nombreux clubs, assistés par les collectivités locales, se penchent sur ces innovations. « Le développement durable est devenu un véritable sujet d’actualité dans le domaine sportif et nous voulions suivre le mouvement » explique Julien bonnard, le responsable marketing, commercial et sécurité du CS Bourgoin Jallieu. « Nous avions des partenaires dans ce secteur, nous avons donc effectué un rapprochement, et comme la volonté des politiques était de l’adapter à Bourgoin, nous avons pu le faire à Rajon ».

Même son de cloche à La Rochelle, cité maritime et réputée verte selon Pierre Venayre, Directeur Général du Stade Rochelais : « la ville a toujours été à l’avant-garde des questions écologiques, à l’image de l’ancien Maire Michel Crépeau qui fut à l’origine des « Vélos Jaunes » (NDLR : vélos en location, apparus à La Rochelle dès 1974), repris depuis partout en France et dans le monde. La mairie actuelle suit toujours cette ligne directrice et nous nous reconnaissons dans cette mouvance ».

Les clubs ont donc prit conscience de l’utilité de telles pratiques, et ont, avec les collectivités locales, un allié de poids pour mener à bien ce challenge de taille. Plusieurs possibilités s’offrent à eux, mais il ressort trois gros chantiers permettant de rendre les stades propres et d’avoir une facture moins salée : l’électricité, l’eau et la gestion des déchets.



L’ELECTRICITE

L’éclairage de la pelouse et de l’extérieur du stade, des vestiaires, le chauffage, l’ensemble de la restauration de l’enceinte… l’électricité peut rapidement représenter un véritable gouffre financier pour les stades. Et pourtant, les solutions sont multiples pour venir à bout de factures plus que salées.

A commencer par le photovoltaïque sur le toit des stades. En effet, les panneaux solaires, transformant le soleil en électricité constituent une solution idéale pour répondre aux besoins des stades, comme l’ont prouvé les réussites des précurseurs qu’ont été le Geoffroy Guichard à Saint-Etienne et le Stade des Alpes de Grenoble. Beaucoup de clubs de clubs de rugby l’ont également compris, à l’image de l’USAP, où ce procédé a été appliqué sur le toit de la tribune Bernard Goutta comme le précise Antoine Besse, Responsable Organisation Matchs du club : « La mairie de Perpignan s’inscrivait dans une politique de développement durable, et avait décidé d’installer ce procédé sur tous les nouveaux bâtiments. Ainsi, nous avons bénéficié de 700m2 de panneaux sur notre tribune ». Le Stade Rochelais a fait de même sur celui de la tribune du Port Neuf inaugurée cet été, avec 2500m2 de panneaux photovoltaïques.

Mais pourquoi se limiter au seul stade ? En effet, si cette pratique permet de répondre aux besoins des enceintes sportives, elle peut faire beaucoup plus, en satisfaisant à la demande énergétique de la zone d’implantation du stade, comme c’est le cas à Taïwan, où le Kaohsiung Stadium répond à cette attente à hauteur de 80%. En France, les futurs projets de stade incluent ce critère, comme le projet de la ville du Havre ou celui d’OL Land à Lyon.

D’autre part, plusieurs pratiques permettent de limiter les dépenses d’un stade, et toutes ont fait leur preuve : amélioration de l’isolation, installation des toits translucide qui permettent de diminuer le recours à l’éclairage, remplacement des interrupteurs par des détecteurs de présence, diminution de la durée d’allumage avant et après le match, utilisation des ampoules à économies d’énergies ou des LED, régulation des systèmes de chauffage et de climatisation… ainsi, et à titre d’exemple, Manchester a pu, à Old Trafford, diminuer sa consommation de 17% en deux ans, en faisant la guerre au gaspillage.



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A Bayonne, les gobelets réutilisables ont été un véritable succès.

L’EAU

Indispensable dans les stades pour l’arrosage de la pelouse, mais également pour l’utilisation des toilettes, des lavabos, des douches, pour le nettoyage des sols de l’enceinte… l’eau est le deuxième grand chantier à assimiler dans cette réflexion. Si beaucoup pensent immédiatement aux pelouses synthétiques, qui ne nécessitent aucun arrosage, et qui permettent l’économie de plusieurs millions de m3 « d’or bleu », elles ne sont pas l’unique solution.

Là encore, le toit, reste l’arme principale, avec un procédé de récupération de l’eau, qui stockée dans des cuves, peut alimenter tous les systèmes nécessitant l’utilisation de l’eau (arrosage, toilettes, nettoyage …). A titre d’exemple, il suffit d’une cuve de 60m3 pour effectuer deux arrosages d’une pelouse, et une pluie de 7mm suffit à la remplir.

Les clubs l’ont bien assimilé et s’adaptent en conséquence. A Montpellier, une cuve de récupération a été installée dans le récent complexe Yves du Manoir, permettant ainsi de subvenir aux besoins d’arrosage de l’ensemble du site, la pelouse du terrain d’honneur ainsi que celles des 3 terrains d’entraînement. A Bourgoin, la municipalité en a également installée, permettant aujourd’hui d’arroser la pelouse de Pierre Rajon.

A La Rochelle, l’utilisation diffère, mais l’esprit perdure. « La cuve de 180m3 permet d’alimenter le stade d’une part, les sanitaires en particuliers mais pas seulement » explique Pierre Venayre. « Nous participons également à l’alimentation d’une station de nettoyage de la mairie, située à quelques mètres de Marcel Deflandre ».



LES DECHETS

Dernier gros chantier à prendre en compte, la gestion des déchets. Lors de la Coupe du Monde de Football 2006 en Allemagne, les verres consignés et recyclables avaient vu le jour, et ont depuis fait des émules. En France des gobelets estampillés clubs ou joueurs on fait leur apparition à Bayonne, Perpignan et Bourgoin, qui va développer cette opération comme l’annonce Julien Bonnard : « Nous avions testé cela l’an passé pour la venue du Stade Français, et elle sera pérenne à partir du 3 décembre prochain et la venue de Biarritz. Même chose pour le tri sélectif qui est désormais effectif à chaque match ».

La gestion des déchets peut aller encore plus loin, comme ce qui se fait en Nouvelle Zélande, où le Coliseum Complex d’Oakland est un véritable modèle en la matière. Recyclage des bouteilles en verre, formation approfondie du personnel d’entretien, tri des déchets et recours au compostage des déchets organiques ont permit à ce stade de recycler environ 400 tonnes de déchets et réalisé plus de 40.000€ d’économie en achats de verres et plastiques en un an.

C’est dans cette mouvance que le CSBJ et l’USAP s’inscrivent en ayant des accords avec les syndicats locaux pour le ramassage. « Lors des réceptifs d’après match il y avait une grosse quantité de déchets (gobelets, bouteilles, emballages…) que nous jetions certes à la poubelle mais un peu n’importe comment » analyse le Directeur Général de La Rochelle, « aujourd’hui, une benne est dédiée à cela et tous les déchets sont retriées et réutilisés ».

Ramasser et réutiliser les déchets est une avancée, mais c’est à tous les échelons que cette batille se gagne, et le CSBJ tente de prendre les devants. « Au niveau des réceptif VIP nous avons totalement supprimé les bouteilles en plastique, en les remplaçant par des carafes d’eau du robinet » avance Julien Bonnard. « Autre problématique au niveau des entraînements, où les joueurs consomment beaucoup de bouteilles, mais là, nous voyons avec le médical car ils ont des besoins spécifiques ».

Mais cette gestion des déchets peut prendre d’autres formes, dans le cas de construction ou de rénovation, à l’image de ce qui a été réalisé pour l’Aviva Stadium de Dublin, anciennement Lansdowne Road. Erigé en parti grâce à du béton recyclé du mythique stade du XV du trèfle, il a permit de considérablement réduire les gaz à effet de serre générés par les transports et de limiter l’impact des achats de matières premières.



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Le tri des déchets à été testé à Bourgoin, et l’opération est aujourd’hui pérenne

VERS UNE OVALIE VERTE

Dans les meilleurs des mondes, tous les stades ressembleraient au futur New Eden Park. Rénové en vue de la Coupe du Monde 2011 en Nouvelle Zélande, il sera le premier stade de rugby au Monde à recevoir le certificat LEED Silver, récompensant les bâtiments respectueux de l’environnement selon 5 critères : la gestion de l’eau, l’efficience énergétique, les matériels et matériaux utilisés, le bien être intérieur et l’aménagement intérieur (normes essentiellement utilisées hors de l’Europe, où le label EMAS est le plus fréquemment attribué).

La future enceinte qui accueillera la finale du prochain tournoi mondial a effectivement fait très fort. Avec la réutilisation de 70% des matériaux de l’ancien Eden Park, la récupération des eaux de pluies pour l’arrosage de la pelouse, la rénovation du réseau de transport en créant notamment une station d’autobus à proximité du stade, la création d’une zone verte de 2 hectares autours du stade et l’utilisation d’un éclairage basse consommation, elle constituera un véritable paradis écologique.

Mais avant d’arriver à ce niveau d’excellence, des actions d’envergure plus restreintes peuvent déjà participer à rendre les stades plus propres et plus agréables, comme ce qui touche à l’entretien des zones vertes, La Rochelle en est la preuve. « Nous effectuons un gros travail sur tous ces espaces verts, et notamment la pelouse » affirme Pierre Venayre, « en n’utilisant pas de désherbant, en ayant recours à un engrais à propagation lente, et en se servant de peintures biodégradables »

Les clubs et les municipalités l’ont bien compris et en font une priorité. Le prochain colloque stades, organisé par la Ligue Nationale de Rugby les 19 et 20 octobre, sera l’occasion de discuter des ces impératifs et de faire avancer l’ensemble de la famille rugby vers une ovalie plus verte.



Crédits photos : Union Sportive Arlequins Perpignanais, Aviron Bayonnais Rugby Pro, CS Bourgoin Jallieu Rugby

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